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Viticulture d’Alsace : attention à ne pas reproduire les mêmes erreurs que la filière laitière

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Viticulture d’Alsace : attention à ne pas reproduire les mêmes erreurs que la filière laitière

A l’heure où l’Association des Viticulteurs d’Alsace propose une réduction des rendements à 60hl/ha, décision soutenue par la Coordination Rurale, d’autres voix voudraient produire plus et baisser les prix pour reconquérir des marchés.

Les éleveurs laitiers s’y sont essayé… et y ont laissé des plumes

Ce type de discours tendant à ne pas ralentir la production sous peine de perdre des marchés (ou de ne pas en conquérir) est le même qu’ont entendu les éleveurs laitiers à la veille de la suppression des quotas laitiers européens : certains responsables ont fait miroiter aux éleveurs les opportunités pour conquérir le marché mondial, ce qui dans les faits les a menés dans le mur. La libéralisation du marché n’a en effet profité qu’aux industriels et non aux producteurs.

Pour faire un parallèle avec la production laitière, cela reviendrait à produire le vin AOC en quota A, et produire un quota B (voire C) de vin sans indication géographique (IG) pour aller tenter de concurrencer les productions étrangères, comme par exemple le Riesling allemand en Bag in Box.

On peut également faire le parallèle avec la production de betteraves : les industriels et coopératives français ont garanti qu’ils n’allaient pas faire la même erreur qu’en lait, que la suppression des quotas était une opportunité de conquête de marchés.
Le résultat est là : c’était pourtant une culture à forte valeur ajoutée, mais le prix a chuté, des usines ferment, et les agriculteurs se détournent de la culture de la betterave.
A la différence qu’en viticulture, on ne peut pas changer l’assolement…

Attention à la baisse des prix

Le client qui achète uniquement un prix n’est par nature pas fidèle. Il ira d’une promo sur les vins d’Alsace à une promo sur des vins de Bordeaux.

Peut-être que cela peut fonctionner une fois en prenant la concurrence par surprise.
Mais sur le long terme, cela va décrédibiliser le vin avec Indication Géographique, produit dans les mêmes conditions que le vin sans IG. Ces volumes de vin supplémentaires vont entraîner une perte de valeur ajoutée sur l’ensemble de la filière.
Quant à baisser le prix pour espérer le remonter après, c’est un message confus qu’il sera difficile de défendre ultérieurement auprès du consommateur. De plus, baisser le prix, c’est positionner différemment les vins d’Alsace sur le marché.

Les marchés ne sont pas à reconquérir par la baisse du prix, ils sont en attente de réouverture après la crise COVID-19, notamment avec le retour du tourisme et de la restauration.

 

Pour la CR, un travail de réflexion sur le positionnement et le prix doit être engagé, et l’identité devra être au cœur de ce projet de nouvelle définition des vins d’Alsace.