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Viande bovine française : ne lavons pas plus blanc que blanc !

Viande bovine française : ne lavons pas plus blanc que blanc !

Dans son plan de filière faisant suite aux États généraux de l’alimentation (EGAlim), la filière bovine française a décidé d’orienter sa production vers une montée en gamme : 40 % de viande bovine devra être sous label rouge à l’horizon 2022. La Coordination Rurale restera vigilante pour que les éleveurs produisant de la viande sous standards conventionnels ne soient pas stigmatisés par la profession.

Une part de viande française labellisable à hauteur de 60 %

Un produit label rouge respecte un cahier des charges strict et un plan de contrôles homologués par l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO). Les contrôles sont effectués par un organisme certificateur agréé. Ce cahier des charges régit notamment les modes d’élevage des animaux, l’alimentation, la gestion des antibiotiques et bien sûr le bien-être général. Cette démarche initiée par les acteurs de l’interprofession fait office d’un solide socle sur lequel la filière française pourra s’appuyer. Il n’est cependant pas inutile de rappeler que 60 % de la production bovine française répond déjà potentiellement au cahier des charges du Label Rouge par l’adhésion des éleveurs à la charte des bonnes pratiques.

L’élevage français, l’un des plus vertueux

Outre le fait que la totalité des éleveurs capables de rentrer dans la démarche ne le feront pas pour une question de ratio offre/demande, la très grande majorité des éleveurs français produit de la viande de qualité. Cette viande est nourrie avec une alimentation récoltée sur la ferme (90 % de la ration des animaux) et un bien-être animal irréprochable.
Il est ainsi primordial que les éleveurs dits « conventionnels » ne soient pas stigmatisés par certains acteurs. Cela pourrait ouvrir la porte à de multiples dérives dans un climat agricole et un contexte d’élevage déjà très tendus.

Par ailleurs, rappelons que l’élevage français est un des plus vertueux au monde, avec un modèle herbivore (80 % de fourrages dans la ration des bovins de race à viande) contribuant à répondre à divers objectifs de développement durable. (Lire l’article « Viande rouge : bonne pour la santé et pour l’environnement« )

Écoutez les éleveurs de la CR parler du bien-être de leurs animaux.

La question de l’abattage au centre des débats

Avec les discussions engagées dans le cadre des EGAlim pour la mise en place d’une expérimentation de l’abattage mobile, validée par la publication d’un décret au mois d’avril 2019, les débats concernant l’abattage reviennent fréquemment dans l’actualité. La Coordination Rurale a, à de nombreuses reprises, évoqué l’urgence concernant le maintien des abattoirs de proximité, publics ou privés, qui représentent un maillage indispensable pour les éleveurs. En corollaire, la réduction du temps de transport de la ferme à l’abattoir induit une augmentation du bien être animal.

L’abattage mobile est, selon la CR, loin d’être la meilleure réponse à ce problème. En dehors du strict point de vue financier qui laisse perplexe, la promotion faite sur le côté « éthique » des ces camions d’abattage ne peut s’entendre que comme un dénigrement publique des abattoirs classiques, petits ou grands.

L’activité des abattoirs fixes est depuis toujours encadrée par de nombreuses dispositions réglementaires en particulier pour assurer la sécurité sanitaire des aliments. Les normes en lien avec une amélioration du bien-être animal ont connu une accélération en 2009 avec la promulgation d’un règlement européen (n° 1099/2009) sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort.

Les abattoirs français doivent appliquer le règlement susnommé sous peine de sanction et la grande majorité d’entre eux le font à la lettre. Il est donc coupable d’implicitement les montrer du doigt en affirmant que seul l’abattage à la ferme est compatible avec le respect de l’animal.

 

La Coordination Rurale
– défend le maintien d’un maillage d’abattoirs de proximité indispensable à nos éleveurs.
– renouvelle toute sa confiance aux abatteurs et les salue pour le professionnalisme dont ils font preuve.
– remercie les éleveurs français pour la viande de qualité qu’ils produisent, sous label ou non.