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Via Allier : la voie de la discorde

Via Allier : la voie de la discorde

Alors que le projet de voie verte qui devrait relier Nevers à Langogne avance à grands pas dans le Puy de Dôme, des élus de la CR63 ont souhaité rencontrer Serge Pichot, vice-président du Conseil départemental pour exprimer leur désaccord concernant l’itinéraire envisagé sur la commune de Nonette-Orsonnette.

En effet, les élus de la CR 63 déplorent que le tracé de cette voie verte ne soit constitué qu’à 80 % de chemins existants. Pour certaines portions telle que sur la commune de Nonette-Orsonnette, il accaparera de fait des terres agricoles et impactera fortement les agriculteurs riverains laissant présager de nombreux problèmes :


• Conflits d’usage

Le tracé envisagé sur cette commune emprunterait un itinéraire situé au milieu de grandes cultures soumises à des traitements de produits phytosanitaires réguliers, des épandages (boues de station d’épuration, effluents), ou encore des déplacements fréquents de matériels agricoles. A terme, de nombreux conflits entre les usagers piétons ou vététistes et les agriculteurs qui doivent poursuivre leurs travaux sont à craindre. De nombreuses questions restent de ce fait en suspens : l’accès aux parcelles, l’application des traitements en bordure de chemins, l’accès aux infrastructures liées à l’irrigation, etc. La CR 63 craint que cela constitue un frein à l’exploitation de nombreuses parcelles.

• La présence d’une zone inondable sur le tracé

Une partie du tracé envisagé sur la commune de Nonette est située en zone inondable et en zone Natura 2000. De ce fait, une voie goudronnée constituerait un facteur aggravant en cas de fortes pluies ; les eaux de pluie s’écouleraient plus difficilement et la voie empierrée pourrait potentiellement être détruite par les intempéries, comme ce fut le cas dans le département de l’Allier.

La Chambre d’agriculture a informé certains agriculteurs qu’un système de compensation pourrait être mis en place pour les indemniser, sur une période de 6 ans, des désagréments engendrés par le projet. La période d’indemnisation paraît dérisoire par rapport à la carrière complète d’un agriculteur qui est en moyenne de 45 ans. Les indemnisations prévues doivent donc être repensées à l’échelle de la carrière d’un exploitant. A ce jour, les agriculteurs concernés par ce tracé ne connaissent pas le barème d’indemnisation.

Par ailleurs, comme l’évoque M. DELOCHE, vice-président de la CR63 :  » Nous déplorons également la méthode employée pour avertir les agriculteurs. Nous avons reçu un courrier du Conseil départemental avec l’arrêté préfectoral et l’obligation de laisser passer des géomètres sur notre terrain pour la réalisation des premières études. Etant les premiers impactés par ce projet, nous aurions souhaité être concertés en amont du projet. »

Compte tenu des problèmes évoqués précédemment, les élus  de la CR 63 ont souhaité faire une nouvelle proposition de tracé sur la commune de Nonette-Orsonnette qui permettrait une meilleure conciliation des différents usages. Pensée pour préserver les activités agricoles et répondre aux attentes des usagers, cette alternative offre également de beaux points de vue sur le Puy-de-Dôme.

Maillon essentiel de la souveraineté alimentaire de notre pays, les agriculteurs doivent pouvoir continuer à travailler normalement pour remplir les assiettes des Français. Chaque agriculteur est indispensable à la survie de nos territoires ! Ainsi, la CR63 a rappelé combien il est nécessaire d’éviter les expropriations et de repenser le tracé afin qu’il impacte le moins possible le parcellaire agricole et protège les agriculteurs qui doivent déjà faire face à de plus en plus de conflits avec les néoruraux.

La CR63 remercie M. PICHOT ainsi que ses collaborateurs qui ont été très réceptifs à la pertinence de l’itinéraire proposé par les agriculteurs dans un esprit coopératif.

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