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Un revenu toujours en baisse malgré des situations différentes !

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Un revenu toujours en baisse malgré des situations différentes !

Le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) 2022 décrit des situations contrastées en élevage, mais toujours une baisse du revenu des producteurs.
En 2021, l’ensemble des productions animales n’ont pas connu une évolution similaire notamment au regard des prix de vente, par contre tous les éleveurs ont dû faire face à une augmentation des coûts de production ; augmentation qui va s’accélérer en 2022, sans pouvoir les compenser par les prix de vente, pire encore, dans la filière porcine où ceux-ci ont fortement chuté.

Prix en hausse mais revenu en baisse

Le constat peut être similaire à des niveaux différents pour les éleveurs bovin viande, ovin viande, volaille et bovin lait. Dans ces quatre filières, les prix à la production ont augmenté au cours de l’année 2021, mais pas suffisamment pour compenser la hausse des coûts de production, notamment des postes alimentation et énergie. Ainsi, le revenu des producteurs se dégrade. En poulet de chair standard ou label, le prix de vente ne permet plus de couvrir le coût de production hors rémunération de l’éleveur. Par exemple en poulet label, le prix de vente moyen constaté sur l’année augmente de 0,07 €/kgc alors que le coût de production augmente de 0,33 €/kgc.

En bovin viande, la régulation par le vide subie par la baisse des effectifs continue et entraîne une baisse de l’offre engendrant une augmentation des prix. Cette régulation des productions, que la Coordination Rurale (CR) appelle depuis des années sous une forme maîtrisée, se fait désormais sans aucun contrôle. La situation économique des éleveurs se dégrade, ce qui ne risque pas d’enrayer ce phénomène certes démographique mais aussi économique. Le RCAI bovin viande s’établit en 2021 à 12 500 €/UTANS, niveau jamais atteint, et qui va certainement se dégrader en 2022. Les coûts de production restent supérieurs aux prix de vente, et quelque soit le système étudié, les écarts augmentent (pour un naisseur, le coût de production était supérieur de 6 6€/100 kgv aux produits (vente et subvention) en 2021, contre 57 € en 2020). En ovin viande, la situation se dégrade également avec une baisse de près de 5 % du RCAI (17 860 €/UTANS). Dans cette production, les prix de vente (+ 9,4 %) n’ont pas compensé l’augmentation des coûts de production. À titre d’exemple, dans les systèmes pastoraux, l’écart entre prix de vente et coût de production (rémunération comprise) augmente de 0,7 €/kgc en 2020 à 1,6 €/kgc en 2021, malgré une augmentation du prix de vente de 0,05 €/kgc.

En filière laitière, la hausse des coûts de production a pu être en majeur partie compensée par la hausse des prix au regard des chiffres Inosys, puisque la rémunération permise reste stable par rapport à 2021, s’établissant à 2 SMIC par UTANS en plaine et 1 SMIC par UTANS en montagne. Les exploitations de référence du réseau Inosys ne reflètent cependant pas la situation d’une majorité des producteurs, puisque sur la base du RICA, la rémunération permise chute de 19 % par rapport à 2020, basant de 93 €/1 000 L à 76 €/1 000 L.

L’OFPM confirme que les éleveurs porcins produisent à perte

Le bilan de l’année 2021 pour les éleveurs porcins est sans appel : les charges en hausse et les prix en baisse font passer le RCAI dans le rouge : – 2 100 €/UTANS. Les prix à la production ont suivi la demande chinoise qui s’est effondrée à partir de juin 2021. Sur l’année, les exportations de l’UE vers la Chine ont baissé de 21 %, mais la France a augmenté les siennes de 17 %. En moyenne sur l’année 2021, le prix de vente est de 1,50 €/kgc, alors que le coût de production est de 1,62 €/kgc (rémunération comprise sur la base de 1,8 SMIC pour 2 200 h). La situation ne risque pas de s’améliorer en 2022 du fait de l’augmentation continue des charges d’énergie et alimentaires, ces dernières représentant 61 % du coût de production. 2022 débute dans un contexte de coût alimentaire haussier, alors qu’en 2021 la hausse avait débuté au second semestre. Les éleveurs ne pourront pas tenir une année entière à ce régime, même si depuis la semaine 14, les prix ont augmenté pour atteindre environ 1,7€ /kgc.