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Un dialogue constructif avec les représentants des chasseurs

Un dialogue constructif avec les représentants des chasseurs

Le mardi 1er septembre, la section dégâts de gibier de la Coordination Rurale (représentée par Emmanuelle Chignat et Lydie Deneuville) a rencontré l’équipe dirigeante de la Fédération nationale des chasseurs.

Des points de convergence sur lesquels avancer ensemble

La section dégâts de gibier de la CR et la FNC se sont bien retrouvées au sujet du RIP “animal”, qui menace tant certains modes de chasse que certains modes d’élevage. C’est l’ensemble de la ruralité qui est attaqué et c’est l’ensemble de la ruralité qui doit se défendre.

Nous avons en outre proposé le piégeage du sanglier mais la FNC y a également pensé, avec la chasse à la chevrotine, qui permet d’augmenter les prélèvements de 40% (sans générer d’accidents). Une consultation publique devrait bientôt voir le jour.

La FNC comprend tout à fait notre combat concernant « l’eau de l’hiver pour l’été » via la construction de réserves d’eau pour l’irrigation, constituant indéniablement des refuges pour la biodiversité. Nous sommes également d’accord sur la nécessité d’abreuver la petite faune sauvage en période de sécheresse.

Sur le loup encore, nos visions se rejoignent. Le décompte du nombre d’individus par l’OFB étant complètement sous-estimé, le plan national loup ne peut qu’être inadapté face à l’ampleur de la situation.

Certaines idées ont cheminé : lors de notre première rencontre (voir ici), nous avions proposé à Willy Schraen que les FDC offrent le permis de chasser aux agriculteurs souhaitant entreprendre des actions de régulation. Il compte proposer la mesure dans sa région Hauts-de-France (permis et première année de validation pour expérimentation afin d’inciter un plus grand nombre d’agriculteurs à chasser).

Enfin, le président Schraen est lucide lorsqu’il déclare que « conserver des agriculteurs, c’est conserver de la biodiversité. Cette diversité doit être partout plutôt que dans des zones closes« . Une collaboration sur le développement de l’agriculture de conservation et de régénération des sols, très accueillante pour le petit gibier, est certainement à envisager.

Des points de divergence sur lesquels il faut continuer de dialoguer

L’indemnisation des dégâts de gibier reste un dossier épineux, avec 20 fédérations départementales des chasseurs au bord du dépôt de bilan.

Mais lorsque la CR suggère une mutualisation des budgets entre FDC, le président Schraen nous répond que cela est impossible, vu l’autonomie dont jouissent les FDC (la chasse en France, ce sont 90 baronnies qui se gèrent comme elles l’entendent !).

La FNC trace sa propre feuille de route concernant le coût du traitement administratif des dossiers (avant 2000, c’est l’ONC qui assumait ce coût), l’indemnisation proprement dite du fait des zones non chassables (1/3 du territoire national) et le coût des moyens de protection (clôtures).

La CR a ré-insisté sur le fait que les agriculteurs ne sauraient être appelés à contribuer à de tels financements, puisqu’ils sont déjà victimes des dégâts et subissent un abattement forfaitaire de 2% sur le montant indemnisé.

Il est également hors de question pour nous que le second pilier de la PAC soit mobilisé pour la prévention des dégâts car le budget de la PAC est déjà sous tension et cet argent est destiné à soutenir les agriculteurs sous diverses formes.

La FNC croit dur comme fer en la contribution territoriale (taxe à l’ha), constituant pour elle la seule solution viable.

La CR pense cependant que cette taxe, si elle peut éventuellement produire des effets dans certains départements, en incitant les territoires à mieux réguler, dans d’autres départements, le problème ne sera pas réglé.

La CR soutient donc l’idée d’un objectif de résultat contraignant pour chaque FDC, avec reprise en main de la régulation par le préfet en cas d’échec. Idée peu séduisante pour les chasseurs qui s’ils souhaitent réguler le sanglier, ne souhaitent pas une réduction trop massive des populations, afin de conserver le nombre de chasseurs, et à défaut de petit gibier en quantité suffisante dans les plaines.