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Transport de veaux non sevrés : l’Europe doit soutenir les filières d’engraissement !

Transport de veaux non sevrés : l’Europe doit soutenir les filières d’engraissement !

Une vidéo de l’association L214 a récemment été publiée sur le transport de veaux non sevrés en provenance d’Irlande vers le continent à destinations de pays engraisseurs (Pays-Bas, Italie, Espagne). Outre les faits mentionnés qui font état de cruauté sur les animaux, et qui doivent bien évidemment être sanctionnés, la Coordination Rurale souhaiterait que les filières d’engraissement soient mieux soutenues dans les pays naisseurs par la Commission européenne, afin de limiter au maximum le transport d’animaux vivants.

La Parlement européen a adopté, le 14 février dernier, une résolution visant une mise en œuvre plus stricte pour le transport des animaux vivants dans le but d’améliorer le bien-être de ces derniers pendant le transport (rapport d’exécution n°2018/2110 concernant le règlement (CE) n°1/2005). Ce même rapport concède que « le transport est stressant pour les animaux car il les expose à de nombreuses difficultés néfastes pour le bien-être […] ». Or dans les faits, rien n’est réellement mis en œuvre pour faire appliquer cette résolution : le nombre de veaux non sevrés exportés d’Irlande s’établit à près de 100 000 chaque année.

La mise en place d’une réelle filière d’engraissement dans les pays naisseurs limiterait le transport d’animaux vivants

La Commission délaisse de plus en plus les filières d’engraissement bovines, et participe donc à l’accroissement des exportations entre pays membres. Bien que la CR ne soit pas défavorable aux échanges intra-communautaires, elle reste cependant déterminée à ce que le bien-être des animaux soit assuré. Ainsi, la solution serait de n’exporter de la viande que sous forme de carcasses plutôt que des animaux vivants. Cela passe par le développement de filières d’engraissement et d’abattages dans chaque pays naisseurs (tels que l’Irlande ou la France) qui ne peut s’effectuer sans la limitation des contraintes fiscales, administratives et environnementales et une baisse des charge comme c’est le cas en Italie. Cela permet de sécuriser les débouchés des naisseurs, tout en offrant la possibilité de contourner les blocages sanitaires d’animaux vivants en exportant des carcasses.

Une forte augmentation du nombre de veaux laitiers suite à la fin des quotas

La fin des quotas laitiers en avril 2015 s’est traduite par une forte augmentation de la production laitière européenne, et donc de manière parallèle, du nombre de veaux laitiers mis sur le marché de l’engraissement. Destiné à l’international où les volumes sont bradés à des prix déconnectés des coûts de production, le prix du lait à l’échelle communautaire s’est très vite rétracté, et s’est traduit par une crise de la filière. Dans le même temps, le nombre de naissances de veaux nourrissons à lui aussi progressé : elles ont progressé de l’ordre de 2,5 % entre 2015 et 2016, impliquant une chute du prix payé aux éleveurs européens de -2,63 %.
Une régulation à l’échelle européenne doit être rapidement mise en place, à l’instar du Programme de Responsabilisation face au Marché (PRM) instauré par l’European Milk Board (EMB), qui permettrait de prévenir les excédents laitiers à l’échelle européenne afin de permettre un maintien du prix du lait et éviter l’effet yo-yo sur les naissances de veaux nourrissons.

La consommation européenne en berne

Cette actualité n’est pas pour servir les producteurs de veaux européens, qui voient les cours du veau de boucherie accuser une forte dégradation début 2019 dans leur ensemble, avec une baisse de l’ordre de 36 centimes / kg sur les 11 premières semaines. Cette chute de prix est notamment due à une baisse de la consommation de viande de veau globale à l’échelle européenne, tendance partagée par la France (premier consommateur mondial avec 3,4 kg par an et par habitant) qui a vu sa consommation baisser de près de 7 % entre janvier 2018 et 2019.