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Tragédie : l’agonie programmée de l’agriculture humaniste, non-financiarisée…

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Tragédie : l’agonie programmée de l’agriculture humaniste, non-financiarisée…

Je ne suis pas agricultrice mais simple femme d’agriculteur révoltée et écœurée par la crise agricole sans précédent ! Je dédie cette tribune à tous les agriculteurs dans la détresse aujourd’hui. Analyser la crise à la lumière du passé me laisser penser que l’agriculture vit « l’issue fatale de la tragédie de l’expropriation consciente et progressive du pouvoir de négociation des agriculteurs par des scénaristes convaincants et très habiles ; scénaristes, avides de dividendes et de jetons de présence, qui souhaitent profiter seuls des opportunités qui se profilent à l’horizon ».

Le scénario international ne consisterait-il pas à leurrer les producteurs en leur faisant croire que le libéralisme mondial, générateur de prix bas, est naturel, inéluctable mais source d’opportunités ? Son objectif ne serait-il pas d’atteindre une agriculture totalement intégrée entre les mains des scénaristes, les grands groupes industriels et financiers, français et étrangers, pro TAFTA, Mercosur… ? En effet, existe-t-il une exploitation agricole assez résiliente pour tenir encore plusieurs mois sans couvrir ses coûts de production et sans devenir totalement dépendante des institutions financières ?

Casting possible

Les marionnettistes, recrutés par les scénaristes, ou scénaristes eux-mêmes, ne pourraient-ils pas être les représentants politiques français et européens et certains hauts responsables de la FNSEA et de la Copa-Cogeca ? N’auraient-ils pas à assurer des promesses faites à leurs « employeurs » contre de probables intérêts personnels ? Etrange : les politiques changent au gré de l’alternance, par contre, le vieux syndicat reste au pouvoir grâce à des électeurs crédules et bien dociles ! Certains représentants, présentant des conflits d’intérêts évidents, devraient jouer leur rôle efficacement et uniquement celui pour lequel ils ont été élus ! Si la défense de plusieurs échelons de la filière en même temps était efficace, les trésoreries des exploitations ne seraient pas moribondes ! Les différents actes du spectacle correspondraient aux manifestations, blocages, réunions, sommets européens… Ces différentes scènes ne constitueraient-elles pas des rebondissements servant uniquement à maintenir le suspens moribond tenant en haleine les agriculteurs-spectateurs ? Certains responsables politiques semblent jouer les amnésiques en ne tenant pas les promesses des pères fondateurs de la PAC, à savoir « assurer des prix raisonnables aux consommateurs » tout en maintenant « un niveau de vie équitable à la population agricole ». Mais finalement, la mise en place de la PAC n’était-elle pas le début de la confiscation du pouvoir ? Sous couvert de bonnes intentions, certains politiques l’ont fait évoluer jusqu’à rendre les agriculteurs totalement dépendants de subventions au détriment de leur pouvoir de négociation des prix ! Ces « irresponsables » politiques, tous partis confondus, brandissent l’argument de l’alternance de notre « pseudo-démocratie » pour se dédouaner ! Mais les syndicalistes majoritaires ne peuvent pas l’utiliser, eux, car bizarrement, l’alternance dans le milieu agricole n’existe pas ! A qui la faute ? Qui leur accorde sa confiance élection après élection, crise après crise ? Les agriculteurs semble-t-il…

Les pantins ne pourraient-ils pas s’avérer les représentants FNSEA de la base qui semblent se laisser manipuler ? Compte tenu de la gravité de la situation et par respect pour les producteurs qui leur ont accordé leur confiance, ces automates ne devraient pas tolérer ne serait-ce qu’un risque de conflits d’intérêts dans leurs rangs et agir en conséquence avec courage et détermination. Ces automates se défaussent aujourd’hui en incriminant les industriels, les GMS, l’Europe ! Mais qui leur a offert le pouvoir sur un plateau ? En jetant un œil sur les mandats incalculables de certains marionnettistes politiques, syndicaux et professionnels, les pantins ne s’apercevraient-ils pas qu’ils sont finalement les premiers bernés ? En se laissant dupés, ne se rendent-ils pas aussi responsables que les manipulateurs du drame que vivent les agriculteurs ?

Les spectateurs seraient les agriculteurs qui ont accordé, élection après élection, crise après crise, leur confiance aux représentants majoritaires. Cette confiance ne s’avère-t-elle pas déshonorée ? Les agriculteurs les ont laissés abandonner leur pouvoir aux mains de l’agro-business en toute impunité. Les producteurs ne risquent-ils pas de devenir les serfs-esclaves de l’agro-industrie, peu scrupuleuse ? D’ailleurs, ne le sont-ils pas déjà ? La situation est tellement gravissime et bloquée qu’ils devraient maintenant demander des comptes à ces représentants.

La promotion du spectacle à « pensée unique » (course aux volumes, mirage d’opportunités…) ne serait-elle pas assurée par la presse professionnelle, notamment celle offerte chaque semaine sans abonnement ? N’a-t-elle pas incité adroitement les producteurs à croire au scénario optimiste ? En l’analysant à postériori, force est de constater que les débats contradictoires y ont été minimisés, voir étouffés, et que certains auteurs amnésiques y changent d’avis au gré du vent. En étayant le sens critique, ils auraient pourtant permis aux éleveurs de prendre des décisions plus éclairées !

Si des agriculteurs, pas encore résignés à se laisser sacrifier, veulent vraiment modifier la fin du scénario, il ne tient plus qu’à eux d’oser urgemment des actes innovants et forts en s’affranchissant des liens des marionnettistes-fossoyeurs et en remplaçant les pantins par des acteurs humains, lucides et déterminés ! Malheureusement, ce vœu ne relève-t-il pas du miracle ? L’avenir nous le dira…