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Taxes antidumping sur l’azote : quand l’Europe veut, elle peut !

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Taxes antidumping sur l’azote : quand l’Europe veut, elle peut !

Suite à une plainte déposée par Fertilizers Europe (fabricants d’engrais européens) pour concurrence déloyale, la Commission européenne a ouvert en août 2018 une procédure antidumping concernant les importations à bas prix de solution azotée (urée + nitrate d’ammonium) originaire de Russie, de Trinidad et Tobago et des USA.

Les résultats de cette enquête doivent en principe être divulgués demain le 22 mars (voir le calendrier fixé par la Commission). Le montant de la taxe envisagée par Bruxelles devrait être connu le 13 avril, pour une mise en application à compter du 12 octobre 2019 (avec rétroactif).

NB : les pourcentages de taxation ont finalement été révélés le 10 avril.

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Source : règlement d’exécution 2019/576 de la Commission du 10 avril 2019 instituant un droit antidumping provisoire sur les importations de mélanges d’urée et de nitrate d’ammonium originaires de Russie, de Trinité-et-Tobago et des États-Unis d’Amérique

Une « Europe qui protège » l’agrofourniture… mais pas ses agriculteurs !

Pour la CR et France Grandes Cultures (anciennement OPG), une telle taxation ne manquera pas de peser sur le prix de l’engrais et de pénaliser l’ensemble des producteurs de grandes cultures européens qui subissent quotidiennement la concurrence déloyale des importations massives de soja, de maïs, d’huile de palme… en provenance de pays pratiquant un dumping social et/ou environnemental et sans que cela n’émeuve particulièrement la Commission européenne.

N’est-il pas incohérent et injuste d’accorder aux producteurs d’engrais ce qui est refusé aux agriculteurs ?

La preuve que la préférence communautaire proposée par la CR et FGC est une solution viable

Cette affaire démontre que lorsque Bruxelles le souhaite, elle est capable d’instaurer une forme de préférence communautaire.

Il est en revanche choquant que les fabricants d’engrais soient ainsi les seuls à être protégés. Les agriculteurs sont en droit de se poser cette question : où est-elle cette « Europe qui protège » ?