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Stratégie nationale bas carbone : la CR contribue

Stratégie nationale bas carbone : la CR contribue

La loi sur la transition énergétique prévoit la mise en place (par décret) de quotas de carbone et d’une stratégie nationale bas-carbone (annexée au décret), le tout soumis à consultation publique jusqu’au 22 septembre.
La Coordination Rurale a ainsi fait connaître son point de vue sur le volet agricole de la stratégie, sans se priver d’en donner un avis général.

Absence de bilan net : une lacune majeure !

Via le processus de photosynthèse, les cultures fixent du carbone assimilé par les plantes, dont une partie est exportée tandis que l’autre est restituée au sol.
A notre connaissance, aucune étude ne met en balance les émissions de gaz à effet de serre nécessaires à la conduite d’une culture, avec les absorptions par photosynthèse. Cette non-prise en compte du bilan net émissions/absorptions est une lacune majeure qui aurait dû exclure d’emblée l’agriculture de la stratégie bas carbone. De plus, la CR souligne l’aberration d’inclure le méthane entérique dans la stratégie, au détriment des éleveurs.

Un volet agricole déconnecté des réalités

Afin de diminuer les émissions d’un facteur 2 d’ici 2050 (par rapport à 1990), les solutions mises en avant tournent autour de l’agro-écologie. Mais celle-ci ne doit pas devenir un dogme ! En outre, les règlementations existantes relèvent davantage d’une agriculture administrée que de solutions pour le climat !

Aux orientations préconisées, la CR oppose ces constats :

  • la France n’est pas autosuffisante en protéines (l’Europe encore moins) ;
  • la méthanisation est difficilement rentable et nécessite de consommer beaucoup de surfaces agricoles (maïs) si l’on souhaite la développer ;
  • des délocalisations de productions ont déjà commencé (ex : poulet du Brésil, viande de porc, fruits et légumes…) ; 
  • l’objectif de réduction de 30 unités d’azote/ha/an n’a pas de sens s’il y a 200 % d’incertitude sur les émissions agricoles de protoxyde d’azote (N2O) et si l’on veut éviter de produire du blé à 8 % de protéines comme au Danemark ; 
  • la diversification des productions a toujours pour effet d’augmenter la charge de travail d’agriculteurs de plus en plus débordés et le supplément de revenu n’est pas forcément au rendez-vous ; 
  • le stockage de l’eau n’apparaît pas dans la stratégie alors qu’il faudrait en faire une priorité nationale (voir notre lettre ouverte à Ségolène Royal).

Certaines orientations ne pourront être mises en œuvre que si la santé économique des exploitations agricoles le permet. Ainsi, l’aspect économique doit précéder l’aspect environnemental pour le rendre possible. C’est en soutenant le développement économique des agriculteurs que ces derniers pourront effectuer les changements nécessaires pour l’environnement.
Si l’on veut maintenir l’élevage et les prairies qui vont avec, il faut des prix rémunérateurs. Si l’on veut accroître les surfaces en légumineuses, il faut réformer la PAC en rééquilibrant les productions céréalières et protéagineuses, ce qui passe par la préférence communautaire et encore une fois, par des prix rémunérateurs.
Avant que les exploitants puissent accroître la performance énergétique de leurs bâtiments, il faudrait déjà qu’ils aient la trésorerie nécessaire pour effectuer les indispensables investissements productifs.

Ne pas s’interdire de questionner les thèses du GIEC

Bien que cela soit politiquement incorrect, la CR ne se prive pas d’émettre des réserves sur les thèses du GIEC (Groupement Intergouvernemental d’Etude sur le Climat) car rien ne peut justifier l’absence d’un débat contradictoire qui est pourtant la base de toute approche scientifique.

Les modèles utilisés pour démonter que les émissions de gaz à effet de serre sont responsables du changement climatique n’ont pas su prévoir la stagnation des températures observée sur la décennie 2000. En outre, les scénarios du GIEC surestiment les évolutions de température par rapport à ce qui a été effectivement mesuré. Enfin, la corrélation entre température et CO2 n’est pas établie : sur les années 1950 à 1970, la température baissait pendant que le taux de CO2 augmentait.

Certains scientifiques proposent d’autres hypothèses pour expliquer les changements climatiques que nous connaissons :

  • existence de cycles naturels de température ;
  • fluctuations dépendant de la circulation thermohaline (engendrée dans les océans par des différences de densité dues à la salinité et la température) ; 
  • cycles liés à l’activité solaire, une période chaude correspondant à une forte activité solaire et inversement ; 
  • cycles liés aux variations du champ magnétique terrestre, le rayonnement cosmique étant plus fort et susceptible d’influencer la formation de nuages suite à la génération de noyaux de condensation; 
  • variations des orbites Terre-Lune et Terre-Soleil impliquant une variation de la température.

La Coordination Rurale s’inquiète qu’en l’état des controverses scientifiques actuelles, la France se lance dans une décarbonation de son économie. Comment un lien encore mal établi entre carbone et climat peut-il déclencher l’application d’une stratégie aussi radicale, coûteuse et risquée ?

Pendant ce temps, une contre-révolution énergétique est à l’œuvre : loin de s’épuiser, les réserves connues d’hydrocarbures ne cessent d’augmenter. Ainsi, le pic de pétrole est encore loin devant nous ! L’exploitation du gaz et du pétrole non conventionnels par certains pays sont en train de changer la donne énergétique mondiale et l’arrivée de nouveaux producteurs va tirer les prix vers le bas, ce qui rendra le développement des énergies renouvelables encore plus coûteux qu’il ne l’est aujourd’hui pour les contribuables.

 

Lire la contribution complète de la CR

Contribution de la CR – stratégie bas-carbone