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Station d’épuration de Sainte-Marie : la CR76 constate sur place sa vétusté !

Station d’épuration de Sainte-Marie : la CR76 constate sur place sa vétusté !

Alors que les agriculteurs sont accusés de porter atteinte à la qualité de l’eau par leurs pratiques de fertilisation, la Coordination Rurale de Seine-Maritime a pu constater de graves anomalies sur la station d’épuration de Saint-Marie-des-Champs, près d’Yvetot.

Le gestionnaire de cette station semble visiblement se désintéresser des nombreuses fuites polluantes et autres lacunes de sécurité que l’on peut observer sur site. Peut-on décemment faire peser de lourdes contraintes sur les agriculteurs quand dans le même temps, une station aussi obsolète est laissée en fonctionnement ?

Les preuves en images

Les photos 1 et 2 montrent que la mise en sécurité du site est totalement défaillante. Alors qu’un panneau « danger » est apposé sur la grille d’entrée, la CR76 a constaté un peu plus loin des trous béants dans le grillage. Il s’agit là d’un défaut grave de sécurité, n’importe qui pouvant pénétrer sur le site, y compris des enfants.

 Photographie 1

 Photographie 2

La photo n°3 montre une vue d’ensemble de la herse de séparation des boues. Visiblement, l’ensemble est profondément corrodé et totalement hors d’usage normal : les boues s’échappent hors de la rampe et aboutissent sans traitement dans le bassin de décantation.

 Photographie 3

Sur les photos 4 et 5, un trop plein est visible autour d’une trappe de visite, en amont du site de traitement. On constate le débordement de matières fécales et assimilées.

 Photographie 4

 Photographie 5

Les clichés 6 et 7 montrent des vues de détail sur un regard entre le bassin de décantation et la zone de traitement. On observe deux défauts de sécurité :

  1. l’absence d’obturation du puits, et
  2. la présence de la perche maîtrisant le débit toujours en place malgré l’absence d’agent.

 Photographie 6

 Photographie 7

La photo n°8 montre un nouveau défaut de sécurité : grillage arraché.

 Photographie 8

Sur les photographies 9, 10 et 11 prises au mois de février, nous observons un ruisseau d’écoulement de trop plein s’échappant du système de rétention. La végétation est bien plus verte et luxuriante qu’ailleurs, sûrement grâce à un apport constant en azote !

 Photographie 9

 Photographies 10 et 11

Plus facile de contraindre et sanctionner les agriculteurs que les collectivités !

Un rapport de visite du SATESE (Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Stations d’Epuration) daté du 4 septembre 2013 indique que si la station rejette des effluents aux normes (ce qui nous parait assez surprenant d’ailleurs !), elle est en fin de vie et un certain volume d’effluents non traités part tel quel dans la nature !

Ce service du Conseil Départemental relève de nombreuses anomalies, déjà dénoncées dans les rapports précédents. Le gestionnaire semble donc ne vouloir faire aucun effort de remise en conformité et le moins que l’on puisse dire est que l’Administration (DDTM, DREAL, Agence de l’Eau, Mairie, Syndicat d’Eau) ne semble pas empressée de l’y contraindre.

Par exemple, un limitateur de débit installé en sortie du dessableur « entraine une sollicitation plus fréquente du déversoir d’orage et donc une augmentation des déversements au milieu naturel » !

Autres exemples :

  • réseau de collecte drainant de fortes quantités d’eaux claires parasites météoriques,
  • prétraitement obsolète en particulier le dessableur,
  • puits de dégazage mal conçu et inefficace, tributaire des flux hydrauliques,
  • cloison siphoïde du clarificateur présentant des trous de corrosion au niveau du fil d’eau,
  • canal de comptage non adapté,
  • lagune de finition n°1 saturée aux deux tiers par des départs de boues provenant du clarificateur,
  • Té plongeant à remettre en place sur la canalisation de la sortie de lagune 1,
  • berge aval de la lagune 1 à réparer,
  • capacité de la file boues insuffisante,
  • système de désinfection on opérationnel.

La Coordination Rurale s’inquiète en particulier de l’éventuelle présence dans ces eaux :

  • de métaux lourds,
  • de produits chimiques et médicaux (dont hormones, anti-dépresseurs, contraceptifs, etc),
  • d’agents pathogènes et de champignons résistants.

Fort heureusement, cette station sera prochainement démantelée et l’ensemble des eaux usées sera envoyé sur la station d’Yvetot. Mais la CR76 s’interroge sur la faisabilité d’un tel transfert car la station d’Yvetot est déjà arrivée à saturation et rejette ses effluents vers un site écologique sensible (cf. projet de l’A19 avec enquête publique réalisée en 1989).

En attendant, ce sont les agriculteurs environnants qui auront été accusés de polluer. Un comble ! Alors que l’Administration, par son laisser-faire complice, est la première responsable de cette pollution !