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Serge Bousquet-Cassagne, Psdt Chambre d’agriculture : Avoir raison trop tôt ou prêcher dans le désert de l’évidence

Serge Bousquet-Cassagne, Psdt Chambre d’agriculture : Avoir raison trop tôt ou prêcher dans le désert de l’évidence

Avoir eu raison trop tôt : Quand nous affichions notre slogan (une évidence) : « L’eau de l’hiver pour l’été ». Le Foll, Valls,et Beulin viennent de le reprendre à leur compte et c’est tant mieux. Juste avant le salon de l’agriculture, après une rencontre entre le Gouvernement et la FNSEA, qualifiée de fructueuse. Petite compensation ! Dans le dénigrement systématique de l’agriculture française pratiquée par ce même gouvernement, Ségolène en tête. Nous avons en Lot-et-Garonne montré la voie en relançant  timidement la construction de lacs. Malgré les oppositions environnementalistes de l’ONEMA en général et de quelques obscurs employés de la DDT en particulier.

Au fait, lors de la même réunion « Valls, Le Foll et Beulin », les agents de l’ONEMA seront désarmés. C’est pas trop tôt !!!

Avoir eu raison trop tôt : Toujours la même réunion Gouvernement/FD. Les conditions d’emplois de nos jeunes et de nos salariés seront assouplies quand il s’agira de les faire monter sur ces fameuses échelles, ou tracteurs. Ce sont les contrôleurs de la DIRRECTE qui vont faire la gueule. Il se pourrait que nos apprentis, nos gosses, nos salariés puissent remonter un à un les barreaux de l’escabeau (encore une évidence).

Avoir eu raison trop tôt : Pour trancher dans le distingo subtil du fossé et du cours d’eau. Que de réunions et de pensées métaphysiques à ce sujet. (La France des 5 millions de pseudo-chômeurs va bien tant qu’elle a le temps « d’enfiler les perles » sur ces sujets essentiels !).

Enfin l’autre jour à Paris lors d’une réunion à laquelle Alain Martinaud assistait en tant que représentant de la CR au « ministère de la dé-production » (Ecologie), ils ont validé la règle jurisprudentielle suivante pour définir un cours d’eau : « un écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel à l’origine (1), alimenté par une source (2) et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année (3). Les trois critères doivent être cumulatifs. Partant de là, tout en étant prudent sur les effets d’annonce FD/Gouvernement, le jeune Gibert de Laparade aura raison gagné lors de son procès en appel pour avoir curé un FOSSÉ : la Sépanlog et France Nature Environnement, les fossoyeurs de l’économie, n’auront qu’à se rhabiller (encore des évidences).

Avoir eu raison trop tôt : Au sujet des poulaillers. Plus d’autorisation, de simples déclarations jusqu’à 40 000 poulets. Enfin un peu d’assouplissement pour ceux qui veulent « travailler et qu’on leur foute la paix ». (Encore un de nos slogans, repris à la tribune de l’Assemblée Générale par le député de Villeneuve, Jean-Louis Costes, télécharger la vidéo en cliquant ici).

Avoir eu raison trop tôt : A propos de l’Organisme Unique. Là, ce sont mes collègues présidents de Chambre qui s’étaient fourvoyés en montant une usine à gaz encore plus grande, avec encore plus de tuyaux percés, de coudes, de méandres, de culs de sac, que ne le demandais le fameux Préfet coordinateur (de rien) de bassin. La Chambre d’agriculture de Haute-Garonne revient sur les fameuses parts fixes et parts variables en faisant comme nous en Lot-et-Garonne : une simple part fixe unique pour tous et solidaire. Ils en sont même à vouloir abandonner les organismes uniques car ils ont le vrai sentiment de s’être faits « baisés ». Le deal était, en échange de la prise en charge des OU par les Chambres, d’obtenir des retenues d’eau supplémentaires dans tout le bassin Adour
Garonne. Depuis Sivens et la défaite de l’évidence, de la vraie vie, le deal est rompu.

Avoir eu raison trop tôt nous flatte certes, mais nous épuise aussi, car nous partons à chaque fois à l’assaut tel Don Quichotte, de moulins à vent qui comme les mirages dans le désert reculent quand nous voulons les abattre.

Pour nous dans la vraie vie, les mirages n’existent pas. La pensée unique « politiquement correcte » non plus.

Dans la vraie vie, quand il est temps de curer un fossé ou le ruisseau, il faut le faire car c’est le moment.

Dans la vraie vie, quand il est temps de « mettre » le gosse sur le tracteur, l’apprenti, l’ouvrier, c’est que le patron, le père, l’employeur l’a jugé nécessaire et a pris ses responsabilités (un gros mot).

Dans la vraie vie, organisme unique ou pas, quand il est l’heure d’irriguer, autorisation ou pas, l’homme ou la femme qui a semé, planté, le fera. Ne pas le faire est un crime contre la nature.

Dans la vraie vie, quand il s’agira d’agrandir la ferme parce qu’un gosse revient, ou simplement par ambition (un autre gros mot), ou nécessité économique, et bien le lac, le poulailler, la salle de gavage se feront, ici en tout cas. C’est l’engagement de mes amis paysans élus de la Chambre d’agriculture et de moi-même.

PS : Marguerite va mal, qu’elle soit Blonde, Brune ou Bio, Marguerite est en train de mourir et ses éleveurs avec. La cause ? Le principe de précaution, le zèle d’un cabinet vétérinaire, la trouille de l’Administration. Dans la vraie vie, elle avait un bel avenir Marguerite, sur les coteaux de Prayssas.
Dans la fausse vie (la mort), « L’autodafé » des vaches a commencé. Pour la sauver, il faut paraît-il éradiquer les blaireaux : Lourde tâche !!!!

Serge Bousquet-Cassagne
Président de la Chambre d’Agriculture du Lot-et-Garonne