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Sécheresse et gel : il faut permettre aux éleveurs d’utiliser les jachères

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Sécheresse et gel : il faut permettre aux éleveurs d’utiliser les jachères

La Coordination Rurale a écrit au ministre de l’Agriculture Julien Denormandie le 26 avril pour lui évoquer la situation préoccupante des stocks de fourrage des éleveurs français en ce début d’année 2021.

Les déficits de précipitations au printemps et les mois d’été très secs sont le lot de nombreux départements depuis plusieurs années. Cette situation affecte les prairies et pénalise l’alimentation des troupeaux. De plus, l’épisode de gel qui a touché l’ensemble des régions françaises n’a pas épargné les éleveurs. Cet épisode de froid, alors que les prairies étaient en végétation, risque d’amputer les rendements fourragers, ce qui accentuerait le déficit des stocks. Dans certains secteurs, la période sèche dès le retour de températures plus clémentes n’a pas permis une véritable reprise de végétation. De même, les éleveurs de la CR craignent que cet épisode de froid, en pleine période d’ensilage et d’enrubannage d’herbe, ne vienne perturber leur conservation, car peu favorable au développement des bactéries lactiques.

Les trésoreries des élevages sont exsangues et l’acquisition de fourrage est inenvisageable pour la plupart des éleveurs français. Dès l’automne dernier, certains d’entre eux ont dû acheter des fourrages, ce qui a fortement fait augmenter les prix de la paille et du foin. De plus, la surexploitation des prairies, fragilisées par les sécheresses précédentes diminuerait fortement le potentiel de production.

Face à cela, la CR demande au ministre d’obtenir dans les délais les plus brefs l’autorisation de l’UE pour les éleveurs d’utiliser leurs surfaces en jachère afin de faire pâturer leurs troupeaux, et aussi pour les céréaliers de les mettre à disposition des éleveurs, tant pour la pâture que pour un fauchage ultérieur. Prendre dès aujourd’hui ces mesures aura également pour conséquence de limiter les effets inflationnistes sur le prix des fourrages, en assurant des récoltes plus abondantes. Les éleveurs ne comprendraient pas que, comme l’an dernier, cette demande auprès de l’UE n’aboutisse que lorsque les jachères n’auront plus aucune valeur alimentaire.