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Restauration collective : vers davantage de local ? Pas si sûr…

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Restauration collective : vers davantage de local ? Pas si sûr…

Le 6 février dernier, la CR participait au groupe de travail « Suivi des approvisionnements » du Conseil national de la restauration collective (CNRC). Il ne faut pas oublier que le marché de la restauration collective génère chaque année 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires (étude Xerfi, mars 2019).
La CR avait encouragé la constitution de cette commission. Elle y participait donc activement pour que l’approvisionnement des circuits de la restauration collective s’effectuent en local.  Mais cette réunion a éteint l’optimisme de nos représentants pour ces travaux une fois encore peu concluants…

À l’issue d’un an et demi de concertations destinées à construire un environnement propice à l’atteinte des objectifs – certes, peu ambitieux – fixés par la loi EGAlim en matière d’approvisionnement de la restauration collective, aucun dispositif de contrôle ad hoc ne sera mis en place par le ministère sur la traçabilité et la qualité des denrées.
Aucune sanction n’est prévue pour les établissements n’ayant fait aucun effort pour relocaliser ou monter en gamme leurs approvisionnements.

Aujourd’hui, le ministère se rend compte que n’existe aucune donnée fiable ni aucun outil adapté pour évaluer les résultats escomptés dans deux ans. « Un boulevard est ouvert à la fraude dans les denrées importées », réagit Tristan Arlaud qui participait aux travaux. En outre, l’État refuse de rendre obligatoire la divulgation des prix d’achats des aliments. Tout continuera par conséquent à s’opérer dans l’opacité la plus totale.

Restauration collective : l’approvisionnement local passe par des agriculteurs locaux

« Nous n’avons pas accès aux prix d’achats des denrées alimentaires pratiqués par les acheteurs. Dès lors, à quoi bon espérer que la restauration collective soit un levier économique pour le monde agricole  ? Nous n’avons aucune donnée économique chiffrée et rien n’assure une traçabilité efficace. Donc sur quoi se baser pour la construction des Projets alimentaires territoriaux (PAT) ? » interroge Tristan Arlaud.

Avec un certain agacement, la CR a soulevé le fait qu’au sein du CNRC, il n’est toujours pas question de la production et d’agriculteurs. Ce devrait pourtant être le point de départ de toutes les discussions.

Malgré tout, le CNRC possède un atout inexploité : mettre autour de la table tous les acteurs publics et privés de la restauration collective. Chacun propose à son niveau des solutions concrètes. Hélas, les représentants de l’État ne les entendent que rarement.

L’alimentation est l’affaire de tous et les initiatives locales foisonnent. Les acteurs locaux ne partagent heureusement pas le défaitisme de l’État. Il est cependant regrettable que ces initiatives ne puissent pas compter sur une volonté politique forte de soutien au changement des systèmes alimentaires territoriaux.

Pour concrétiser les objectifs des EGA, il est indispensable qu’un changement de paradigme s’opère à la DGAL. Certes, la tâche est complexe et fastidieuse, mais ce n’est pas en baissant les bras que nous changerons la situation !