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Réponse à la DG Agri : l’export n’est pas nécessairement synonyme de vertu !

Vache limousine

Réponse à la DG Agri : l’export n’est pas nécessairement synonyme de vertu !

Le 10 avril dernier, lors du congrès de la Fédération des Marchés de Bétail Vifs (FMBV), Joaquim Ordeig Vila, de la Direction générale de l’agriculture (DG Agri) à la Commission européenne, indiquait que « le commerce de bovins vifs joue un rôle essentiel dans le maintien d’une balance commerciale positive à l’échelle communautaire ». Faisant preuve d’une contradiction évidente avec la politique menée par la CE depuis plusieurs années, notamment en terme de bien-être animal pendant les transports d’animaux vifs, Alexandre Armel, représentant de la section Viande de la CR, lui avait adressé un courrier exprimant les craintes des éleveurs (lien du courrier).

Sur la question des importations de pays tiers, notamment en provenance du Brésil, d’Argentine et d’Uruguay, la filière bovine européenne a importé en 2018 quelques 341 000 tonnes de bœufs, et en a exporté près de 500 000 tonnes principalement vers la Turque et l’Israël (source Meat Market Observatory). Il est donc tout à fait louable de penser qu’il faille diminuer les importations de viande de bœuf dont on ignore le cahier des charges, produites avec des contraintes allégées et qui influent sur le prix de notre production européenne plutôt que d’accroître à nouveau la part exportée !

Que nenni d’après la Commission européenne : cette part importée ne représente que 4 % de la production interne de l’UE, donc n’a aucun effet sur les prix pratiqués. À cela, le représentant de la DG Agri ajoute que la Commission européenne reste convaincue que « les prix du marché sont plutôt influencés par des dynamiques internes du marché intérieur de l’UE. » (courrier réponse de la DG Agri)

La Commission européenne se voile la face en maintenant de manière illusoire que les importations de viandes issues de pays tiers sont nécessaires aux filières bovines européennes. La DG Agri se fourvoie lorsqu’elle indique que les 4 % de volumes importés n’ont aucun effet sur les prix, et met en péril la filière bovine européenne en prônant une vision exportatrice dangereuse.

L’export reste un marché risqué

La France produit autant de bovins mâles que de femelles, mais consomme plus de femelles que de mâles. Afin de réguler ses flux et ses équilibres matières, elle dépend donc en partie du commerce extérieur, qui est réalisé en très grande majorité vers d’autres pays européens (Italie, Espagne, Allemagne, Grèce, Belgique). Toutefois, de nombreux acteurs souhaiteraient que la France se lance sans cesse à la conquête de nouveaux débouchés, irresponsable à nos yeux. En cas de fermetures des marchés extérieurs (pour des problèmes sanitaires par exemple), notre marché intérieur est déstabilisé, car nous n’avons pas la capacité de valoriser ces animaux sur notre territoire.
La CR a toujours défendu une vision exportatrice dans le cadre de la mise en adéquation de l’offre et de la demande pour désengorger le marché français et européen. En outre, un certain degré d’exportations permet de se donner un véritable contre-pouvoir notamment vis-à-vis des abatteurs.

Enfin, la CR souhaite défendre l’engraissement sur le territoire français. Cela permet de sécuriser les débouchés des naisseurs, tout en offrant la possibilité de limiter le transport d’animaux vifs et de contourner les blocages sanitaires en exportant des carcasses.