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Rencontre à l’Élysée : la réussite des EGA reposera en fait sur le travail des interprofessions

Élysée

Rencontre à l’Élysée : la réussite des EGA reposera en fait sur le travail des interprofessions

Inquiet face au probable échec des EGA, le président de la République a décidé d’accélérer les choses en mettant la pression sur les interprofessions en parallèle du processus législatif. La CR reste dubitative quant aux effets des solutions proposées par le gouvernement.

Enlever aux distributeurs le bonus que représente l’augmentation du seuil de revente à perte et ne plus reconnaître les interprofessions qui ne joueraient pas le jeu, telles sont les deux seules solutions à la disposition du gouvernement pour inciter les acteurs de la filière à mieux rémunérer les agriculteurs.

« Le Président met tout le pouvoir dans les mains des interprofessions. La CR y défendra donc bec et ongles des indicateurs de coûts de production suffisamment hauts pour qu’ils rémunèrent non seulement le travail, mais aussi le capital, et les besoins d’investissement ou les contraintes liées aux services environnementaux » annonce Bernard Lannes, président de la CR présent à l’Élysée.

Cependant, la CR rappelle que la loi ne propose dans les contrats qu’une simple référence à ces indicateurs autant dire rien de très concret à mettre dans la poche des agriculteurs. Le syndicat estime que ces deux leviers peuvent faire réfléchir mais qu’ils ne seront pas suffisants. En réalité, cela n’aura qu’un effet incitatif, rien n’obligera les acteurs de la filière à mieux rémunérer les agriculteurs. Les acheteurs des produits agricoles pourront se fournir sur le marché mondial moins-disant au niveau qualitatif et surtout moins cher pour eux.

Si l’ensemble des syndicats est aujourd’hui d’accord pour rappeler l’urgence à mieux rémunérer les agriculteurs, seule la CR demande une action de l’Europe, et non pas seulement de la France, pour protéger tous les agriculteurs de l’UE en sortant l’agriculture des accords de l’OMC et en mettant en place le principe d’exception agriculturelle, seul levier qui pourrait être réellement efficace aujourd’hui.