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Rencontre entre la CR 63 et le préfet du Puy-de-Dôme

Rencontre entre la CR 63 et le préfet du Puy-de-Dôme

Le 8 juin dernier, M. Condat et M. Cierge, élus à la CR 63, ont rencontré le préfet du Puy-de-Dôme, M. Philippe Chopin. Cette rencontre a permis de faire le point sur de nombreux sujets d’actualité, parmi lesquels :  la gestion de l’eau, la révision des zones vulnérables, le comptage des cellules somatiques et la gestion du vautour.

Les conflits liés à l’usage et la gestion de l’eau

Pour débuter cet entretien, M. le Préfet a souhaité aborder la polémique concernant l’impluvium de Volvic et la baisse des nappes souterraines qui serait liée à l’activité de l’entreprise Danone. M. Condat, président de la CR 63, mais également conseiller municipal, attire l’attention sur la nécessité de préserver les richesses locales et met en avant que depuis plusieurs décennies, le pastoralisme régresse avec pour conséquence un enrésinement grandissant sur cette zone qui peut avoir une incidence sur la baisse des nappes. Des travaux réalisés sur la commune de Saint-Genès-l’Enfant ont certainement eu une incidence également. Un diagnostic de territoire serait pertinent pour mieux comprendre la baisse du niveau des nappes souterraines et ne pas pénaliser inutilement les professionnels qui ont besoin de cette ressource en eau pour leurs activités.

La révision des zones vulnérables

Le début de l’année 2021 a été marquée par la révision des zones vulnérables à la pollution par les nitrates d’origine agricole. Dans le Puy-de-Dôme, plus de 50 nouvelles communes vont être classées en zone vulnérable avec pour conséquence un durcissement drastique des normes, impliquant des investissements très importants pour les agriculteurs. Les élus de la CR pointent du doigt des dysfonctionnements dans la méthodologie appliquée qui a pour effet de classer plus facilement une commune en zone vulnérable, plutôt que la possibilité de la déclasser :

  • principe du P90 et nombre de mesures non respecté : sur 13 bassins suivis, seulement 2 disposent de 10 mesures, (la Coordination Rurale constate que dans ces conditions, on peut appliquer que très rarement la méthode du percentile 90 et cela revient à retenir que dans presque tous les cas la valeur maximale est retenue avec pour conséquence le classement de nombreuses communes),
  • conditions météorologiques : conditions de sécheresse exceptionnelle d’octobre 2018 à février 2019 à l’origine d’un débit très faible dans les cours d’eau et de concentrations élevées sans lien avec les pratiques agricoles,
  • les pollutions déclassantes ne sont pas forcément d’origine agricole : impact du rejet de stations d’épuration plus fort compte-tenu des faibles débits.

Le préfet du Puy-de-Dôme, attentif aux revendications de la CR, fera un point avec l’équipe administrative de la Direction départementale des territoires (DDT) qui suit ce dossier.

Le comptage des cellules somatiques

M. Condat, ancien représentant à l’Organisation des producteurs de lait (OPL) attire l’attention du préfet sur l’affaire des cellules somatiques. Le 1er avril, un nouvel étalon de comptage pour les cellules somatiques du lait a été appliqué en France. Cet étalon, disponible depuis début 2020, a pour objectif de s’aligner sur le standard international et d’éviter la disparité des résultats. En effet, aucune réglementation officielle ne régit l’adoption d’un étalon universel, ce qui a conduit à la multiplication de ces derniers : il existe aujourd’hui 22 étalons différents dans le monde. Cela a donc permis des disparités de comptage entre les pays au sein même de l’Union européenne, en défaveur des producteurs de lait français ! Comme l’évoque M. Condat : « C’est certainement la plus grande escroquerie connue par les éleveurs laitiers ces dernières années. Pendant des années, les éleveurs français ont donc été plus pénalisés que leurs homologues européens, alors même que la situation était connue des instances publiques et interprofessionnelles ! » Aujourd’hui, les élus de la CR demandent des comptes. Un courrier a d’ores et déjà été envoyé au ministre de l’Agriculture ainsi qu’aux parlementaires français afin de réclamer la compensation financière des pénalités injustement facturées et des mesures sanitaires imposées sans fondement. Pour l’heure, la CR n’a reçu aucune réponse de la part de l’État. Le préfet s’est engagé à transmettre à nouveau ce dossier au ministre.

La gestion du vautour

Pour conclure, la CR a souhaité aborder la problématique du vautour qui inquiète de plus en plus la profession. En effet, les attaques se sont multipliées ces dernières semaines laissant les éleveurs dans un grand désarroi et complètement démunis : pas de dispositif d’accompagnement, aucune mesure préventive mise en place et pas d’indemnisation des animaux prédatés.

Mme Dupuy, directrice par intérim de la DDT, explique que suite au comité de pilotage qui s’est déroulé 8 jours auparavant, deux nouvelles attaques ont été comptabilisées depuis. Philippe Chopin, le préfet du Puy-de-Dôme est favorable à une étude sur le changement de comportement de ces animaux et à travailler en concertation sur plusieurs outils dont les tirs d’effarouchement et la protection des abreuvoirs. Un protocole d’intervention a également été mis en place avec un numéro unique pour déclarer un cas de suspicion. Une expertise pourra alors être déclenchée afin d’examiner si l’animal était vivant lors de l’attaque. L’autopsie et les analyses seront prises en charge par la DDT .

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