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Rencontre avec la sénatrice de Meurthe-et-Moselle

Rencontre avec la sénatrice de Meurthe-et-Moselle

Le 8 juillet dernier, Pascal DESHAYES, président de la Coordination Rurale de la Meurthe-et-Moselle, a pu rencontrer la sénatrice du département Véronique GUILLOTIN et l’un de ses collaborateurs parlementaires, lors d’une visioconférence.

« La Coordination Rurale est un syndicat apolitique ; notre objectif est la défense de l’agriculture, mais surtout des agriculteurs parce que sans agriculteurs, il n’y a plus d’agriculture », déclare Pascal DEHAYES avant de revenir sur l’histoire, les valeurs principales de la CR et les divergences que l’on peut avoir avec la FNSEA.

Les prix des intrants et des coûts de production comme sujet principal

Le président de la CR54 est tout d’abord revenu sur quelques-unes des conséquences engendrées par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, à savoir l’augmentation des prix des intrants agricoles et donc des coûts de production.

En prenant l’exemple de la culture du blé, Pascal DESHAYES a réaffirmé la position du syndicat : les agriculteurs doivent pouvoir répercuter l’ensemble de leurs coûts de production sur les prix de vente, afin de pouvoir vivre dignement de leur métier. Il a également alerté la sénatrice sur « l’effet ciseau » qui pourrait subvenir à l’avenir si la situation en Ukraine s’inverse et s’améliore.

Il a également abordé le sujet de la flambée des prix des intrants agricoles et attiré l’attention de Véronique GUILLOTIN sur le fait que le surcoût des intrants agricoles reste élevé par rapport aux moissons à venir. Les récoltes seront par conséquent beaucoup moins bonnes que celles des années précédentes.

En réponse, la sénatrice a mentionné la loi EGALIM qui avait été acceptée par les agriculteurs. Néanmoins, s’il devait faire un état des lieux de cette loi, le président de la CR54 la définirait comme « un coup d’épée dans l’eau [car] quand on était autour de la table avec tous l’agroalimentaire, la grande distribution, les syndicats agricoles et toutes les ONG (…) il fallait essayer de se mettre d’accord sur des prix un peu plus soutenus, mais sur le terrain ça ne s’est pas du tout passé comme ça (…). Nous, ce qu’on veut c’est un prix final qui puisse couvrir le coût de production, les charges et la marge classique que tous les industriels font pour pouvoir nous en sortir. »

L’utilisation des produits phytosanitaires toujours en question

Lors de cette rencontre, le président de la CR54 a également souhaité revenir sur les différentes problématiques liées à l’utilisation des produits phytosanitaires.

Si tout le monde semble être conscient et en accord sur le fond du problème, la forme reste quant à elle, un sujet de discorde. En plus des directives imposées par la Commission européenne, de nouvelles sont encore rajoutées par le ministère de l’Agriculture : aujourd’hui, on veut supprimer totalement la présence de pesticides sur les zones Natura 2000 et réduire de 50 % leur utilisation sans savoir comment ni par quoi ils seront remplacés.

« Il ne faut pas oublier que [les pesticides] sont des produits homologués qui ont des autorisations de mise sur le marché (AMM), validés par des organismes et des chercheurs spécialisés dans ce domaine. Mais aujourd’hui, dès que l’on voit un tonneau avec un pulvérisateur dans un champ, on passe pour des tueurs », déclare Pascal DESHAYES qui se désole de voir que les ONG à la tête de cette lutte anti-pesticides sont bien souvent plus écoutées que les agriculteurs et rappelle que réduire leur utilisation est possible du moment qu’ils sont remplacés par des produits tout aussi efficaces et équivalents en terme de prix.

La sénatrice a approuvé les propos du président de la CR54. Elle a souligné l’importante évolution des mentalités et la prise de conscience collective en matière d’environnement et de santé.

 

Lors de cette rencontre, la Coordination Rurale de Meurthe-et-Moselle a pu être écoutée sur les points principaux qu’elle souhaitait aborder. Elle attend maintenant de voir les décisions législatives qui seront prises et restera attentive à ce qu’elles le soient dans l’intérêt des agriculteurs du département.