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Rencontre avec Barbara Pompili : « La biodiversité est pour nous une réalité quotidienne»

Rencontre avec Barbara Pompili : « La biodiversité est pour nous une réalité quotidienne»

Ce vendredi 25 mars, Barbara Pompili, secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, était en visite au centre de formation de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques du Paraclet (80). Au moment du vote du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, la CR NPCP a pu la rencontrer et lui transmettre ses doléances et ses propositions en matière d’environnement.

Notre délégation était composée de Jean-Luc Allain, président de la CR80 et agriculteur à Blangy-sous-Poix, Éric Lavoine, administrateur CR Nord-Pas-de-Calais Picardie de Ergnies, et Alexandre Lefebvre, représentant des jeunes agriculteurs de la CR et installé au Hamelet. Leur entretien s’est orienté autour de trois thématiques majeures.
 

1. Le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité

Les représentants CR ont présenté les agriculteurs comme des acteurs indispensables au maintien de la biodiversité puisqu’ils vivent au quotidien avec l’environnement et ont fait part à Barbara Pompili de leur analyse du projet de loi.
Ils se sont dits satisfaits du principe de complémentarité entre l’environnement et l’agriculture intégrée dans ce projet de loi.
A l’inverse, les membres de la CR ont mis en garde la secrétaire d’État concernant les différentes mesures qui vont renforcer les contraintes sur les exploitants, dont certaines peuvent compromettre leur activité, en particulier les contraintes supplémentaires sur les produits phytosanitaires.
Les membres de la CR n’ont pas caché leurs inquiétudes quant à l’interdiction de l’usage de produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes à compter du 1er janvier 2016, alors qu’il n’y existe pas aujourd’hui de solution alternative. De plus, une telle interdiction aurait des répercussions en termes de distorsion de concurrence puisque les autres pays n’appliquent pas ces mêmes mesures.
Barbara Pompili a assuré qu’elle avait chargé l’Inra de chercher de nouveaux moyens de lutte et que la France se devait d’être pionnière dans l’utilisation d’autres moyens afin d’être en avance sur leur développement. « Il faut qu’on prenne de l’avance pour être les leaders sur les nouvelles méthodes », argumente la secrétaire d’état. « Il aurait été plus judicieux, d’innover avant d’interdire », commente Alexandre Lefebvre.

2. La gestion de l’eau

Les membres de la CR ont rappelé à Barbara Pompili que l’agriculture était le seul secteur dont le bilan hydrique soit positif : elle consomme infiniment moins d’eau que celle qu’elle reçoit sous forme de pluie recueillie sur les prés et les champs, et elle en restitue donc beaucoup dans le sous-sol.
Les représentants de la Coordination Rurale estiment que les fonds publics dédiés à l’environnement, et notamment à la qualité des eaux, font l’objet d’une mauvaise répartition. Il n’est pas rare que les aides de l’Agence de l’eau qui visent à protéger les BAC (Bassin d’alimentation des captages) des pollutions diffuses, soient utilisées à 25 kilomètres des captages d’eau. La CR demande l’application des mesures et la distribution des fonds prioritairement sur les périmètres immédiats, rapprochés et éloignés des captages. Barbara Pompili semblait découvrir cette problématique, mais les représentants de la DDTM présents lors de l’entretien semblaient eux bien au fait de la dissipation des aides par quelques « chasseurs de primes bien intégrés au système ».

3. Les Techniques culturales simplifiées (TCS)

Les représentants de la Coordination Rurale ont présenté les Techniques culturales simplifiées (TCS) qui consistent à maintenir les résidus de récolte en surface et à maintenir ainsi la biodiversité. Ces pratiques sont utilisées par les agriculteurs sans qu’aucune loi ne les y oblige. Les représentants de la CR ont rappelé que chaque professionnel avait des pratiques culturales plus ou moins différentes selon les secteurs géographiques puisqu’ils ont tous des terroirs différents. Face à ce constat, ils ont insisté sur la nécessité de laisser une part de liberté aux agriculteurs : ils doivent être considérés comme de véritables chefs d’entreprise consciencieux et fiers de leur territoire.
Les représentants de la CR ont notamment abordé l’incohérence d’interdire l’utilisation de glyphosate dès lors que son utilisation permet la pratique de techniques culturales simplifiées qui visent à améliorer le fonctionnement biologique du sol et de sa structure tout en y limitant l’érosion.

Barbara Pompili s’est montrée à l’écoute et attentive à nos problématiques. Elle s’est parfois montrée en manque de technicité, notamment sur le sujet des TCS, ce que nous pouvons comprendre puisque l’agriculture est bel et bien un métier technique qui doit s’adapter à la terre et au climat, et qui ne peut donc pas toujours être régi par des élus éloignés de nos réalités.

 
Vous pouvez visualiser les propositions transmises à Barbara Pompili en cliquant ici

Dossier_Biodiversity_-_rencontre_Pompili_1.pdf