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Rencontre à la ferme pour la sénatrice Annick Billon

Rencontre à la ferme pour la sénatrice Annick Billon

En ce début d’année, la Coordination Rurale de Vendée a clos son tour des sénateurs vendéens, en invitant sur l’exploitation de Caroline Duffau à la Garnache, la sénatrice Annick Billon.

Une TVA ahurissante pour une activité agricole

Caroline Duffau, éleveuse de chevaux de la race Barbe, s’est installée il y a plusieurs années hors cadre familial et avoue que cela n’a pas été simple tous les jours. Être une femme agricultrice en production équine n’est pas une sinécure. Pour autant, elle a expliqué que la passion de cette race très docile lui fait parcourir le monde en tant que juge international pour les concours de beauté.
Malheureusement, depuis plusieurs années le passage de la TVA de 5,5% à 20 % pour l’élevage de chevaux, diminue son revenu car les prix n’ont pas augmenté en conséquence. Elle a donc interpellé la sénatrice sur ce sujet, en lui expliquant qu’il n’était pas normal que cette activité d’élevage, donc agricole, ne puisse pas bénéficier d’un taux réduit. De plus, en recherche de surface pour nourrir ses 80 chevaux, elle trouve abusif que la SAFER demande 640 € pour préempter une parcelle vendue 8000 €/ha à la Garnache. « Quand on sait que le propriétaire va retirer les biens de la vente, on n’y va pas pour ne pas perdre cette somme. La SAFER ne joue plus son rôle de régulateur de la spéculation foncière », déplore-t-elle.

La filière des canards en danger

Ensuite, dans le berceau du canard, il était normal d’aborder la crise qui touche durement cette filière. Ainsi, après avoir dénoncé les excès des coopératives qui ont poussé les éleveurs à construire des nouveaux bâtiments sans réels nouveaux marchés, Daniel Pavageau, président de la CR 85, a sollicité la mise en place de la part de l’État d’un plan d’aide pour les cessations spontanées.  «  Depuis 40 ans, j’ai participé au développement de cette filière et maintenant que mes bâtiments sont amortis, on me jette comme un malpropre, en ne me donnant aucune alternative. Je suis prêt à laisser ma place aux jeunes, à condition qu’on indemnise mon arrêt d’activité », s’emporte Louis Joseph Vrignaud, éleveur dans la commune voisine.

La MSA, cause de certains soucis

Fabrice Robin, ostréiculteur à Bouin, a quant à lui évoqué un problème lié à la MSA. Celle-ci, s’acharne à lui demander des cotisations sociales pour son épouse alors même qu’elle travaille à temps plein hors de l’exploitation, et lui donne un coup de main ponctuellement sur les marchés le dimanche. Cette pratique plus que courante en agriculture et en ostréiculture semble déplaire à la MSA qui, en cette période de crise, cherche de l’argent où elle peut en harcelant les petites structures.

Les jeunes en difficulté pour s’installer

Un jeune en apprentissage a enfin alerté la sénatrice sur les difficultés des jeunes à s’installer avec des coûts de reprise énormes, alors qu’il n’y a aucune vision sur les prix à long terme. Le président de la CR 85 a donc insisté auprès de la sénatrice pour que l’exception agriculturelle et la TVA sociale soient mises en place afin de donner une chance à l’agriculture française de survivre. Pour la sénatrice, également présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat, la crise de la Covid-19 a fait changer les mentalités et les consommateurs reviennent vers une agriculture de proximité.
Les sujets de discussion n’ont donc pas manqué et permis à chacun de s’exprimer sur des problématiques différentes les unes des autres. Cependant, force est de constater qu’obtenir des prix rémunérateurs est un combat qu’ils mènent de concert ; tous ne souhaitent en effet qu’une chose, pouvoir vivre de leur métier !