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L’exception agriculturelle comme seule solution

Philippe THOMAS - CR55

L’exception agriculturelle comme seule solution

Pollution, gaz à effet de serre, changement climatique.

Pas une journée ne se passe sans que les médias ne parlent de ces phénomènes. L’agriculture est souvent pointée du doigt et est désignée comme responsable de ce qui est jugé aujourd’hui comme catastrophique pour l’avenir de la planète.

Pourtant, il y a une chose à l’origine de la pollution planétaire et qui en plus ruinent les agriculteurs : ce sont les accords de libre-échange – qui par ailleurs continuent de se multiplier.
Si nous voulons des paysans demain avec un digne revenu et protéger en même temps notre environnement, il n’y a qu’une seule solution : la mise en place de l’exception agriculturelle défendue par la Coordination Rurale depuis sa création.

Qualifiée d’utopie au départ, elle est aujourd’hui abordée par des personnes jugées sérieuses, et ceci d’autant plus qu’il existe en France une exception culturelle.

Il a donc été décidé à l’époque que la nourriture de l’esprit était plus importante que celle de l’estomac, sans doute appuyé par des amis de la classe dirigeante politique qui pratique plus le Champ de Mars ou les Champs Elysées que les champs de Dompcevrin ou de Vraincourt.

L’exception culturelle consiste à obliger par la loi, la diffusion d’œuvres musicales d’expression française d’au moins 40 % dont la moitié provenant de nouveau talents.
J’ai donc voulu vérifier par moi-même la pertinence de privilégier la culture à l’agriculture.
En cette fin septembre, c’est le moment de semer les premiers blés, je suis dans mon tracteur et j’écoute à la radio Vibration, Vegedream (de son vrai nom Satchela Evrard Djedje), un refrain plein d’entrain mais quelque peu répétitif. Je cite :

« elle est bonne sa mère sur la vie de ma mère ».

Ayant été élevé dans une tradition judéo chrétienne avec des fondamentaux solides, je décide de zapper sur NRJ où l’animateur présente un duo à la mode style Félix Gray et Didier Barbelivien.
Il s’agit de Shota et Kobala D avec je cite :

« Et quand j’la baise, j’la baise, j’la baise
J’fais comme aux States, j’lui bouffe la schnek ».

Brel et Brassens peuvent aller se rhabiller, ça c’est de la poésie, ça c’est de la culture française.

Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Changement de fréquence avec FUN Radio, où je tombe sur un jeune homme passablement énervé et sans doute en froid avec les associations féministes, s’appelant RK avec sa chanson Rockstar avec je cite :

« Encule lui sa mère et brise lui toutes ses côtes ».

Avant d’aller recharger ma trémie, je tente un ultime essai sur une radio bien connue de la France profonde, Skyrock où l’on nous présente PNL, groupe de 2 frères n°1 des ventes en 2019 dans notre beau pays. Et là, stupéfaction, je cite encore :

« Bats les couilles d’l’Himalaya, bats les couilles, j’vise plus l’sommet
Mon cœur fait « oulalala », crime passionnel que j’commets
Sur ton cœur j’fais trou d’boulette, j’fais tâche de sang sur le pull
J’désire nullement vous connaitre, ni toi ni ces fils de putes »

Chapeau bas messieurs pour ce texte poignant et rempli d’émotions. Des mots, en effet, jugés choquants par Benjamin Griveaux lui-même. Que penser alors du choix politique de l’époque de privilégier ces pseudos-artistes à nous agriculteurs.

Et cela risque de ne pas s’arrêter demain avec la ratification du CETA notamment voté par les élus de la majorité dont notre Députée meusienne Emilie Caribou, sans doute par discipline de groupe parlementaire mais peut-être aussi par une passion pour le Canada exacerbée où seule sur le sable, les yeux dans l’eau, son rêve était trop beau à écouter Roch Voisine à la radio, chanter Hélène pour ses 18 ans.

En tous les cas, sachez que la viande de bovin canadien nourri aux farines animales et truffée d’hormones ne fait pas grossir, il n’y a qu’à regarder Céline Dion pour s’en convaincre.
Puis arrivera le tour du Mercosur, retardé quelque peu parce qu’un Président brésilien fut insultant avec notre Première Dame.

Chers collègues de la FNSEA, rejoignez-nous dans ce combat essentiel pour notre survie, il nous faut l’exception agriculturelle.
Arrêtez avec l’agri-bashing, vous qui avez tant pratiqué l’agri-Bashung avec je cite :

« ma petite entreprise, ne connaît pas la crise »

et enfin

« la nuit je mens, je prends des trains à travers la plaine,
la nuit je mens, je m’en lave les mains ».

Réenchantons ensemble nos campagnes, privilégions nos produits locaux grâce à la mise en place de l’exception agriculturelle ou nous finirons comme une vilaine fermière : désenchantée !

Philippe THOMAS
Président de la CR55[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]