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Rapport Déscrozaille : une marche forcée vers l’assurance privée

Rapport Déscrozaille : une marche forcée vers l’assurance privée

Contrairement à l’accent mis sur les outils de prévention que souhaitait la Coordination Rurale (CR), le député Déscrozaille préconise dans son rapport, remis hier au ministre de l’Agriculture, la généralisation du recours à l’assurance récolte et par ricochet la possible fin du régime des calamités agricoles.

La CR regrette que les préconisations tendent vers une généralisation du système assurantiel privé nécessitant une importante contribution de l’État qui s’appuie sur la PAC et les taxes aux agriculteurs qui passent de 5,5 à 11 %. Cet effort pourrait bien être au seul bénéfice des assureurs puisqu’il est question de subventionner à la fois les primes d’assurance et la prise en charge de tout ou partie des risques « exceptionnels », mais également lorsque la sinistralité limite le recours à la réassurance privée.

Ce système repose d’abord sur les agriculteurs en alourdissant leurs charges sans aucune garantie de couvrir l’ensemble de leurs pertes.

« L’assurance est bien trop coûteuse face à la non rentabilité de l’activité ! Même descendue à 25 % la franchise est encore trop haute. Quel agriculteur peut se permettre de perdre 25 % de son chiffre d’affaires ? », questionne Marc Saumont de la Coordination Rurale.

De plus ce rapport encourage la marche forcée vers l’assurance privée. Il est non seulement question de conditionner des aides publiques à la souscription d’une assurance multi-risques climatiques, mais s’y ajoute la suppression à terme des indemnisations par l’État des pertes subies par les agriculteurs non assurés.

En se défaussant de ses prérogatives sur les compagnies d’assurance, l’État se désengage un peu plus de sa souveraineté alimentaire tout en visant une culpabilisation des agriculteurs, exposés aux dégâts des dérèglements climatiques dont ils ne sont en rien responsables.

Le Varenne de l’eau et du changement climatique se doit de faire des propositions bien plus ambitieuses sur le long terme. En plus d’une mutualisation générale des calamités, la CR demande que les outils de prévention permettant de lutter efficacement contre les aléas climatiques soient pleinement développés puisque, à terme, cela permettrait de réduire les risques et les pertes.