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Qui soutient vraiment les agriculteurs ?

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Qui soutient vraiment les agriculteurs ?

Fabien Volle est éleveur à Vals-près-le-Puy, en Haute-Loire. Comme tous les agriculteurs, il continue de travailler tous les jours malgré la crise sanitaire et les règles de confinement. L’agriculture est (enfin) à nouveau considérée comme un secteur vital. Mais :

« Aujourd’hui, nous sommes vus comme des sauveurs. Le ministre de l’Agriculture nous envoie des courriers pour nous dire combien notre travail est important. Le ministre de l’Économie appelle les consommateurs à privilégier la production française. Mais nous nous n’oublions pas qu’un mois auparavant, on nous crachait presque à la figure en nous traitant de pollueurs, en projetant de réduire nos surfaces de production avec les ZNT, en nous livrant à la concurrence déloyale de viandes importées…

Avec le confinement, nous sommes certes davantage soutenus mais nous sommes pour la plupart encore plus isolés que d’habitude. Et ils font vraiment chaud au cœur ces messages de soutien surtout après tout ce que nous avons pris dans la tête. Ils le font d’autant plus que certains continuent à nous agresser même pendant cette période difficile. Il n’y a qu’à voir les associations écologistes comme « Nous voulons des coquelicots » (il faudra un jour leur expliquer que les coquelicots sont toxiques pour l’Homme) qui continuent de dénigrer et d’attaquer la profession. Sont-ils à ce point inhumains et insensibles pour accuser encore ceux qui les nourrissent d’accentuer les dégâts du coronavirus ? Connaissent-ils eux-mêmes les conséquences d’un virus qui font débat chez les plus éminents spécialistes ? Ils étaient ingénieurs agronomes et conseillers agricoles, les voilà médecins et virologues. Notons qu’ils ne prouvent là une fois de plus que leur volonté de manipulation de l’information et leur stratégie de la PEUR.

Mais ils ne sont pas les seuls à continuer des activités nuisibles.
Si l’élevage français pâtit encore de cette crise, une partie des grandes et moyennes surfaces (GMS) ont aussi une belle part de responsabilité. Les voilà qui font leur publicité avec les productions de qualité issues de nos élevages et concomitamment inondent les étals de viande importée…
En Haute-Loire, deux des quatre marchés aux veaux ont déjà fermé leurs portes depuis la semaine dernière. Sans la restauration collective et la restauration classique, une importante partie des débouchés est réduite. Voilà donc certaines GMS toutes heureuses de pouvoir proposer à la vente des stocks de viande étrangère bas de gamme plutôt que de favoriser la viande française, qu’ils ne commandent qu’en seconde main et à vil prix. En effet, le secteur connaît une baisse de la consommation notable qui arrive à une période importante : Pâques. C’est un moment clé pour la filière bœuf et agneau. Cette baisse peut avoir un impact sur tout le reste de l’année. Les réformes allaitantes et les bœufs de Pâques, prévus depuis des mois, restent dans les bâtiments et attendent… Les éleveurs n’ont aucune visibilité sur la date à laquelle ils partiront. Cela pose de nombreux problèmes, notamment celui de l’alimentation. Le fourrage vient à manquer avec cet allongement de la période hivernale.

Comme le dit la CR, on nous demande de continuer à produire, mais on nous empêche de vendre. En Haute-Loire, qui compte une majorité d’éleveurs viande et d’éleveurs laitiers, l’inquiétude est permanente. Les éleveurs ont tout de même vu qu’ils pouvaient compter sur la solidarité des consommateurs à travers les ventes directes, les drives fermiers, etc. »

A cette allure, avec les conditions climatiques et les crises sanitaires diverses et variées l’élevage français de Haute-Loire est en péril. Les éleveurs ont besoin de la solidarité de la grande distribution et des consommateurs. Cette crise nous montre bien l’importance de maintenir une indépendance alimentaire comme l’a toujours défendu la Coordination Rurale.

La Coordination Rurale de la Haute-Loire