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Plan de relance : le maintien des petits abattoirs est une priorité

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Plan de relance : le maintien des petits abattoirs est une priorité

Le volet agricole du plan de relance, présenté ce jeudi 3 septembre, prévoit une enveloppe de 250 millions d’euros pour la modernisation des abattoirs et des élevages pour l’ensemble des filières. Pour la Coordination Rurale, priorité doit être donnée aux petits abattoirs de proximité qui permettent le maintien de l’élevage au cœur de nos régions, plutôt qu’aux grands abattoirs industriels. En effet, nous assistons depuis des années à une concentration de plus en plus importante des établissements, avec la disparition progressive de nombreux petits abattoirs au profit d’abattoirs privés spécialisés.

La part des abattoirs de proximité, communaux ou intercommunaux dans les volumes d’abattage nationaux a chuté de 62,55 % en 1980 à 8,22 % en 2010. À titre de comparaison, en 1980, la France comptait 767 abattoirs dont 609 publics, contre seulement 97 en 2015. Ceci est le résultat de nombreuses années de désengagement des autorités publiques vers les petites structures, qui offrent pourtant un service local aux éleveurs et aux négociants.

« La disparition des petites structures a coupé de nombreuses solutions de mise en marché pour les producteurs, fragilisant leur possibilité de négociation des prix de vente. Moins d’abattoirs locaux, c’est moins de concurrence et donc une pression accrue sur les prix. », indique Alexandre Armel, responsable de la section Viande de la Coordination Rurale.

Pour ce qui est de la modernisation des élevages, évoquée aux côtés de celle des abattoirs, il ne faut pas que cela soit synonyme de mise en place de nouvelles normes draconiennes. Les éleveurs français en ont assez de laver plus blanc que blanc, et de subir la sur-transposition des normes européennes. Les vagues successives de mise aux normes ayant durablement creusé leur trésorerie et fait disparaître nombre d’entre eux, y aura t-il, dans quelques années, encore assez d’éleveurs pour continuer à nourrir la population française ?

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