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Plan de relance : Impossible de résoudre les problèmes structurels de l’agriculture par des miettes conjoncturelles

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Plan de relance : Impossible de résoudre les problèmes structurels de l’agriculture par des miettes conjoncturelles

La Coordination Rurale salue l’esprit de ce plan qui prévoit des mesures sur l’autonomie protéique, les besoins de main-d’œuvre, ou encore sur la relocalisation de l’alimentation, y compris dans la restauration hors domicile. Pour la CR, toutes les mesures qui visent à donner de l’autonomie aux exploitations agricoles vont dans le bon sens.

Cependant, les objectifs annoncés ne sont pas en rapport avec le maigre budget qui sera consacré à l’agriculture : 1,2 milliard seulement sur ce plan de relance global de 100 milliards d’euros. Aussi, pour être à la hauteur des enjeux du monde agricole, ce plan doit s’inscrire dans un projet stratégique lié à la PAC et qui passe par un engagement politique pour une exception agriculturelle.

À titre d’exemple, sur l’autonomie protéique, la CR demande qu’on se souvienne des échecs des précédents plans protéines lancés par la France. Tant que les importations de protéines en provenance de pays hors UE ne seront pas taxées, les cultures protéagineuses ne seront pas rentables pour les agriculteurs européens. Aussi, l’autonomie protéique réelle et durable ne peut passer que par une stratégie européenne.

« 1,2 milliard, c’est vraiment bien dérisoire quand on sait que la ferme France sur-emprunte entre 5 et 10 milliards d’euros chaque année », s’insurge Véronique Le Floc’h, 2e vice-présidente de la Coordination Rurale qui poursuit : « Comment attirer des jeunes dans notre profession si ça se résume à travailler plus et continuer à acheter de l’argent pour tenir ? Les agriculteurs sont bien souvent contraints d’acheter leur « maintien en activité » via le sur-emprunt bancaire. Aussi, ils ne risquent pas de se sentir concernés pas des aides à l’investissement. »

Il est urgent de prendre le mal à la racine. Le gouvernement doit prendre en charge le désendettement des agriculteurs et inverser réellement la construction du prix agricole en partant, comme la logique le voudrait, du coût de production et en y ajoutant la marge nécessaire pour vivre dignement de son métier.