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Un paysan debout au milieu du système

Un paysan debout au milieu du système

Le 23 novembre dernier, Guy Vasseur quittait la présidence de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) deux ans avant le terme de son mandat. Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, s’est alors porté candidat. Voici le discours prononcé par un homme qui se lève au cœur du système cogestionnaire pour dire qu’une façon de faire différente est possible.

Bonsoir à tous,

Moi qui rêvais d’être sur l’estrade, à la tribune de l’APCA, au moins une fois, c’est loupé !

Après une primaire à deux tours, acharnée, qui m’a mené à faire une longue campagne : des plages du débarquement (je parlerai tout à l’heure du tien, Guy) en passant par Angoulême et poursuivant vers la gauche du côté de Clermont-Ferrand, j’ai été désigné pour être candidat à la présidence de l’APCA.

Je l’évoquais à l’instant, Guy (Vasseur), ton départ m’a surpris et bien chagriné, je m’étais habitué à ta présidence, ta façon policée de dire, mais de dire, ton sens de l’autre, ton humour, ta patience… Tu m’as appris aussi le fatalisme tant les gens qui nous gouvernent sont sans cesse à nous vouloir du mal à nous, les paysans. Guy, je te regrette déjà et je vous demanderai à tous de vous lever et d’applaudir Guy.

Je viens ici vous dire que j’ai bien compris depuis quatre ans les limites d’un système qui mène l’agriculture française à sa perte, je veux parler de la cogestion :
Tant pour ce grand dossier, ce leurre qu’est la régionalisation qui a détourné nos forces vives des vrais sujets de la vraie vie des paysans que nous sommes censés défendre et protéger. Vous avez tenté de cogérer notre perte. Nous nous sommes faits duper sans cesse, par le ministre et son administration arrogante et ici à l’intérieur, parmi certains d’entre nous. Oui, quand la Corrèze et la Haute-Vienne nomment un même directeur, eh bien vous tendez le bâton pour vous faire battre.

Si vous m’élisez, je pratiquerai une politique de rupture : il ne faut plus cogérer, mes amis !
Nos enfants nous jugeront gravement. Cogérer, c’est collaborer et le temps est venu d’entrer en résistance, de prendre le maquis. Vous le devez aux générations futures, ne plus discuter avec nos ennemis, rassemblons-nous au-delà des divergences de nos agriculteurs, de nos syndicats.

Être président de chambre départementale nous oblige. Nous sommes une assemblée de bourgeois, mais regardez par la fenêtre, nos paysans crèvent petit à petit, la friche gagne, le désespoir est partout. Xavier Beulin se fait huer dans les manifs qu’il organise : un comble.

Claude (Cochonneau), je ne te connais pas assez pour te critiquer. Je respecte ce que tu représentes mais… Mais … Mais … Avec moi, ensemble battons-nous pour construire des lacs, des poulaillers, des fermes de 1000 ou 10 vaches. Rendons aux paysans leur dignité, soyons leur étendard. Il faut prendre les balles à leur place : c’est notre devoir, notre honneur.

Serge Bousquet-Cassagne a recueilli 4 voix. 9 membres se sont abstenus ou ont voté nuls. Claude Cochonneau a finalement recueilli le reste des suffrages. Il a été vice-président de la FNSEA entre 2001 et 2014 et était vice-président de l’APCA depuis 2013.