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Patrick Seac’h directeur de la DDT 41, rencontre la CR du Loir-et-Cher

Patrick Seac’h directeur de la DDT 41, rencontre la CR du Loir-et-Cher

Mercredi 14 avril 2021, Philippe MOTHERON, président de la Coordination Rurale du Loir-et-Cher, et Edouard LEGRAS, adhérent à la CR 41, rencontraient Patrick SEAC’H, directeur de la DDT du Loir-et-Cher, et Christelle VOISIN-JOUALLEAU, responsable du service économique agricole.

La rencontre qui s’est déroulée sur la ferme de Philippe Motheron a permis d’échanger sur de nombreux sujets touchant les agriculteurs du Loir-et-Cher :

De moins en moins d’installations et de chasseurs

La chasse a été l’un des premiers sujets abordés. Et pour cause, les sangliers sont à certains endroits très nombreux du fait du faible nombre de chasseurs et les dégâts qu’ils occasionnent sont importants. Cependant, les compensations restent dérisoires par rapport aux dégâts subis. L’expertise juge généralement un faible taux de dégâts, contrairement à l’estimation de l’agriculteur. Néanmoins, une nouvelle problématique apparaît : le faible renouvellement des chasseurs dans le département. De même, le nombre d’installations est en baisse.

En effet, Philippe Motheron a rappelé que « ces 15 dernières années, on observe trop peu de jeunes agriculteurs s’installer ». Cela s’exprime par différents facteurs. D’abord le foncier : bien que ce dernier soit peu cher dans la Région Centre-Val de Loire, les jeunes n’ont pas forcément les moyens de l’acheter. Ensuite, il n’existe pas de bulletin prévisionnel. Par exemple sur le prix du cours du blé, celui-ci peut varier en fonction de la vente et du besoin du cours mondial. Seuls des prix favorables encourageront nos jeunes à s’installer.

Une autre problématique s’ajoutant à l’installation est le facteur économique. Actuellement pour vivre correctement de l’agriculture, soit l’exploitant s’agrandit, soit il exerce plusieurs activités professionnelles. Dans le premier cas, un exploitant a de plus en plus de mal à vivre correctement avec seulement 100 ha ou 150 ha de terre. Il lui faut au minima le double. Mais dans le cas d’une pluriactivité, cela engendre une plus grosse charge de travail et affecte la vie de sociale.

Axéréal annonce la fermeture de plusieurs silos

9 mois avant la moisson, Axéréal a annoncé la fermeture de plusieurs silos dans le département du Loir-et-Cher pour l’année suivante. Ces fermetures vont causer de gros problèmes aux agriculteurs. Où vont-ils stocker leurs grains ? Les exploitants n’ont pas le temps de s’organiser en si peu de temps. Cela veut dire qu’ils devront soit construire des silos chez eux, soit faire plus de kilomètres pour aller aux silos « les plus proches d’eux », en espérant que ces derniers ne soient pas pleins.

L’eau et les aléas climatiques toujours d’actualité

Alors que la Coordination Rurale trouve normal de pouvoir stocker l’eau d’hiver pour irriguer l’été et de créer des retenues d’eau, la DDT, elle, préfère ne pas trop se mouiller. Selon elle, le problème est trop complexe et mérite plus de réflexion. Cependant, elle conseille de faire une demande à la police de l’eau avant de se lancer dans un quelconque projet concernant l’eau (récurage de fossés par exemple). Malheureusement, il est préférable d’avoir une autorisation plutôt que de subir une pénalité.

Édouard Legars a également soulevé la question de la réutilisation des eaux usées provenant des stations d’épuration. Là encore, le sujet est complexe. La DDT serait du même avis que la CR mais ce n’est pas elle qui est décisionnaire et craint d’ailleurs que le secteur de la santé soit contre cette idée.

Philippe Motheron a tenu a rappeler que l’épisode de gel dont a été victime l’agriculture ces derniers jours n’est pas anodin. Le système climatique est de plus en plus chamboulé. Les cultures se retrouvent gelées au début du printemps et les trop fortes chaleurs de l’été les assoiffent.

Les agriculteurs veulent des contrôles pédagogiques et non abusifs

Alors que deux adhérents de la CR 41, dont Édouard Legras, ont été récemment contrôlés, Philippe Motheron rappelle que les contrôles doivent avant tout rester pédagogiques. Les agriculteurs ont déjà beaucoup de pression (climatique, économique, etc.). Ce n’est pas la peine de leur en rajouter une.

Édouard Legras, installé depuis moins d’un an, a subi un contrôle en décembre 2020. Deux remarques lui ont été faites. L’une sur le prélèvement d’eau : on lui reproche que ce soit au nom de son associé et non au nom de la société. Or, rappelons-le, l’exploitation est toute récente et l’administration très souvent (pour ne pas dire toujours) très longue. Le changement est en cours.

Et l’autre, sur le déboisement d’un bosquet qui n’existe plus depuis plusieurs années, bien avant qu’Édouard Legras ne s’installe. À ce jour, Édouard Legras ne connaît toujours pas le montant de la pénalité.

L’autre adhérent contrôlé, a quant à lui subi une pénalité de 5 % pour ne pas avoir respecté le délai de 48h de semis entre deux parcelles.

Philippe Motheron a insisté pour que ces deux dossiers soient revus par la DDT, avec une demande de remise gracieuse.

Des exploitations agricoles bien tenues

Cette rencontre s’est terminée par une visite d’exploitation. Philippe Motheron a tenu à montrer au directeur et à la responsable économique agricole, que les exploitants agricoles avaient fait beaucoup d’efforts ces 20 dernières. En effet, toutes les fermes disposent maintenant d’un local phytosanitaire, les bidons vides sont stockés et récupérés par l’organisme A.D.I.VALOR. De même pour les sacs d’engrais qui sont remis à l’OS. L’huile de vidange est également stockée et récupérée par un organisme agréé. Cependant, Philippe Motheron rappelle qu’imposer trop de normes aux agriculteurs devient contre-productif.