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Parc National des forêts de feuillus : quels atouts pour l’agriculture ?

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Parc National des forêts de feuillus : quels atouts pour l’agriculture ?

Une réunion de présentation du volet agricole de la charte du futur parc national s’est tenue à la préfecture de la Haute-Marne, à Chaumont le mercredi 12 juillet 2017.
La réunion avait pour but le travail sur le memorandum du volet agricole de la charte et le tableau relatif aux activités agricoles en cœur de parc national.

Empilement administratif,… réalité du terrain

La Coordination Rurale de Haute-Marne a demandé que ce dispositif n’ajoute pas de contrainte et de lourdeur administrative. Les agriculteurs sont déjà assommés par quantité de règles et de dossiers à remplir, ils n’ont pas besoin d’une charge supplémentaire pour chaque acte réalisé sur leur propre propriété.
La Coordination Rurale craint que ce statut de protection environnemental s’ajoute à la complexité administrative et au gâchis financier qui aboutit à la ruine de notre agriculture.

Et de rappeler, à juste titre, que le travail d’un agriculteur est de produire des biens alimentaires pour nourrir les populations et non de passer des heures, après une journée de travail, à remplir des dossiers que même les services administratifs de l’État n’arrivent plus à gérer.

De plus, cette dernière réunion, programmée à la mi-juillet évince les agriculteurs, occupés par les priorités de leur métier, en cette pleine période de récolte. Il est à noter qu’une prochaine réunion est prévue en août, tandis que la saison est particulièrement chargée en travaux des champs.
La Coordination Rurale tient à rappeler que la réussite d’un projet réside dans la concertation de tous ses acteurs et souhaiterait que les dates des réunions de travail permettent à l’ensemble des acteurs d’être présents.

Un parc national sans agriculteur ?

Dans l’émission Enquêtes de région* du 24 mai 2017 sur le futur parc, l’accent est mis sur la forêt, faisant la richesse de ce futur parc.
Pourtant, si la beauté de cette région est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est aussi grâce à la préservation et à l’entretien qui en est fait par les exploitants forestiers ainsi que les agriculteurs.
Le futur parc naturel des forêts de feuillus a été choisi pour sa faible densité de population, sa présence importante de forêts domaniales ainsi que la qualité des forêts d’arbres feuillus. Le parc est aussi doté d’une réserve intégrale, de 3000 hectares soit à peu près 12000 terrains de tennis, unique à ce jour.

L’objectif soulevé dans cette réserve intégrale est le  intervention soit plus d’entretien, plus de coupe, mais uniquement de l’observation. Le parc sera l’objet des recherches de scientifiques de France, d’Europe et du monde entier.
Mais que se passera-t’il dans la nature ? « C’est extraordinaire. Il ne va rien se passer. » selon Paul de l’ONF… Autrement dit, cette réserve est le terrain de jeu de scientifiques, en dépit des activités économiques du territoire. La CR s’inquiète des répercussions du coeur parc sur toutes les activités agricoles périphériques et forestières (chasse, dégâts de gibiers sur les cultures, …).

Dans ce cours reportage, il est peu parlé des agriculteurs, sinon pas, qui pourtant composent ce territoire majoritairement rural et participent à son existence. En conclusion du reportage, le parc «  c’est une direction en commun » … mais quid des agriculteurs ?

Atout ou frein économique

Alors que pour certains le parc peut être un frein à l’activité économique avec l’ajout de normes et de démarches supplémentaires, notamment pour les exploitants forestiers, la valorisation du territoire quant à elle devrait influer sur le tourisme. L’objectif du tourisme est de travailler ensemble, en recréant de l’économie avec l’accueil de touristes.

Pour la profession agricole, bien qu’aucun atout économique apparaisse de prime abord – en effet, aucune subvention compensatoire ne serait versée et les aides agricoles versées sont celles déjà existantes à savoir les primes et aides MAEC -, le parc peut être un moyen d’ouvrir les portes des exploitations au grand public et pourquoi pas, de diversifier son activité pour tirer un bénéfices des activités du tourisme.

Tandis que l’agriculture est mise de coté, on parle actuellement de moderniser la filière bois de cette région, et l’Etat investirait 3 millions et demi d’euros dans le territoire du parc national …S’agissant d’un parc national et non régional, les flux économiques et les financements proviendront exclusivement de l’État.

Côté budget, aucun pré-plan budgétaire n’a été présenté pour l’instant. Bien que le nerf de la guerre est souvent le volet financier d’un projet, il se résumerait pour la direction du futur parc, à l’emploi d’une vingtaine d’employés pour le parc (outre les dépenses des locaux).

Enfin, M. Bigard Frédéric, Président de la CR52, renouvelle son invitation au secrétaire d’État en charge du dossier du parc national, l’ancienne secrétaire d’État à la biodiversité – Madame Pompili Barbara – n’ayant donné suite à la première invitation, à venir visiter le coeur du parc et le territoire.

*Pour consulter l’émission Enquêtes de région La Forêts, notre richesse, cliquer ici.