L'info régionale

Réseaux sociaux

Ovins : cotation en hausse qui reste insuffisante pour les éleveurs

crise ovine

Ovins : cotation en hausse qui reste insuffisante pour les éleveurs

Après avoir subi une chute des cours à l’approche des fêtes de Pâques, en raison de la fermeture de la restauration hors domicile, la cotation de l’agneau français reprend des couleurs pour atteindre début juin un prix de 6,56€/kg. Elle s’inscrit en nette hausse par rapport à son niveau de l’an passé, avec une augmentation de 19 % par rapport à 2019, « du jamais vu depuis vingt ans » d’après certains instituts. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Tout d’abord, la filière ovine et notamment l’aval a, pour la plupart des acteurs, joué le jeu de la mise en avant de l’origine française de la viande d’agneau, répondant ainsi à la demande effectuée par la Coordination Rurale par courrier au Ministre de l’agriculture et aux fédérations de distributeurs FCD et FCA. La CR espère d’ailleurs que cette mise en avant de l’origine française se perpétuera au-delà de la crise sanitaire, et deviendra la norme. De même, le ralentissement des importations de viande ovine sur les premiers mois de l’année constitue une seconde explication à cette hausse. En effet, si les commandes de viande ovine néo-zélandaises avaient, comme c’est le cas chaque année, déjà été passées avant la période de la crise sanitaire (voir notre article « Agneau néo-zélandais : halte à la concurrence déloyale ! »), les importations de viande ovine étrangère ont par la suite chuté (-29 %/2019 pour le mois d’avril). Cela peut également s’expliquer par le fait que la Nouvelle-Zélande a en partie réorienté ses exportations vers la Chine, en manque de viande suite à la peste porcine africaine qui a décimé ses cheptels porcins, plutôt que vers l’Union européenne.

Le prix de revient n’est toujours pas couvert

Cependant, il ne faut pas trop se réjouir de cette amélioration des cotations de l’agneau français. Certes, elles sont en hausse et nous ne pouvons que le saluer, mais elles ne couvrent toujours pas les prix de revient qui assureraient une juste rémunération aux éleveurs. D’après la publication annuelle des indicateurs de coûts de production et de prix de revient, faisant suite aux états généraux de l’alimentation (EGA), le prix de revient de la carcasse d’agneau fourragers avec une base de deux SMIC, était de 7,97€/kg en 2019. La cotation actuelle ne couvre donc que 82 % du prix de revient, atteignant à peine 77 % du prix de revient en systèmes herbagers et zones de plaines. Par ailleurs, il convient de noter que suite au COVID-19 et l’effondrement de l’indice « énergie et lubrifiants », l’indice IPAMPA (permettant de prendre en compte l’évolution des coûts de production des éleveurs) ovins viande a chuté. Le déconfinement ayant eu lieu, les charges des éleveurs se verront repartir à la hausse sur les prochaines semaines.