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Où en est l’avenir du lait de chèvre ?

Où en est l’avenir du lait de chèvre ?

« De 2008 à 2011, la production excédentaire de lait de chèvre a entraîné une baisse spectaculaire des prix, avec pour résultat des producteurs sombrant dans un véritable gouffre financier.
Ainsi en 2012, la collecte de lait a baissé de 8 % puis de 6,3 % en 2013.

La cessation d’élevages, le manque de trésorerie pour acheter des aliments pour les chèvres, un foin de mauvaise qualité expliquent cette baisse de la collecte. Les entreprises parlent depuis de « pénurie » de lait de chèvre :

– absence de stock (stock outil = caillé congelé au printemps et utilisé en hiver).
– baisse des fabrications de 3 % en 2013, fin de fabrication de certains fromages.
– perte de  70 millions de litres de collecte en 2013, et rayons fromages de chèvre vides dans de nombreuses enseignes.

Et pourtant…
     L »effet ciseau entre le prix du lait et les charges de production est de plus en plus grand depuis juillet 2010 : l’augmentation trop faible du prix au producteur ne nous permet pas de faire face aux charges toujours en forte augmentation (aliment du bétail, vétérinaire, carburant, MSA, taxes…).
     De nouvelles cessations d’activité et/ou  baisse de production sont inévitables. Les industriels ont tendance à l’oublier, mais produire du lait coûte cher et la loi de l’offre et de la demande n’a pas l’air d’exister en ce qui concerne le lait de chèvre.

     On nous rabâche encore l’excuse du consommateur qui n’achète plus de produits raffinés mais essentiellement des bûchettes à 6 ou 7 €/kg. Or on sait qu’une augmentation de 40 % des prix agricoles n’aurait pour effet que d’augmenter de 0,42 % du budget consacré à l’alimentation par les ménages (l’impact serait bien moindre que par exemple l’augmentation de TVA appliquée au 1er janvier).

Que fait-on pour les producteurs caprins ? Des discussions ont été ouvertes avec les GMS pour tenter de les convaincre que les produits caprins ne devaient plus, ne pouvaient plus être un enjeu concurrentiel entre elles…
En attendant, les éleveurs continuent de disparaître. »

Jean-François Bombrun
Eleveur de chèvres et adhérent de la CR de l’Ardèche

Sources : enquête laitière France Agrimer.