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Ordures jetées dans les champs : Un problème sous-évalué

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Ordures jetées dans les champs : Un problème sous-évalué

Tout le monde en fait le constat : il est habituel d’observer de nombreux déchets dans les champs qui sont en bordure de route, du fait de l’incivilité d’un grand nombre de personnes. Sans parler de l’aspect esthétique, encore trop peu de monde connaît l’impact que cela engendre sur l’agriculture.

Une charge de travail supplémentaire pour les agriculteurs

Alors que l’on estime qu’un Français sur trois jette ses déchets par la fenêtre de sa voiture, nous nous retrouvons avec des champs qui sont ainsi pollués par des objets en tout genre : (emballage de fast-food, bouteille, canette en aluminium, paquet de cigarettes, mouchoirs, masques chirurgicaux, etc.). Outre les incivilités de quelques uns, certaines entreprises du bâtiment ou de secteurs divers sont aussi responsables de cette pollution. Ces dernières préfèrent en effet déverser leur cargaison directement dans les champs plutôt que d’aller dans une déchetterie et donc payer pour la gestion des déchets.

Les agriculteurs sont alors contraints de venir régulièrement nettoyer les bordures des champs afin de préserver leurs cultures. Par ailleurs, si le propriétaire des déchets n’est pas identifié, les agriculteurs auront à enlever les ordures et donc à payer eux-mêmes les frais de recyclage.

Une pollution de l’environnement

Alors que l’agriculteur croule sous les contraintes visant à préserver l’environnement, il est déroutant de constater que de nombreuses personnes n’ont aucun respect pour tout ce travail et se permettent de jeter des ordures qui ne sont, par ailleurs, pas sans risque pour l’environnement et la biodiversité des parcelles concernées.

Les déchets dans les champs peuvent être mortels pour les animaux de l’exploitation…

Malgré la vigilance des agriculteurs et les machines agricoles plus performantes permettant de limiter l’incorporation des détritus dans les récoltes, certains de ces déchets ne sont parfois malheureusement pas détectés. Cela peut être par exemple le cas des canettes en aluminium pouvant se retrouver alors dans l’alimentation bovine.

Ces canettes, hachées par les machines agricoles lors de la récolte, se transforment alors en véritables lames, pouvant être mortelles si ingurgitées par des animaux comme les bovins. Interbev avait ainsi estimé le nombre de bovins ingurgitant des déchets à 60 000 par an. Même si les animaux n’en meurent pas, ces déchets ont des impacts négatifs sur leur santé et leur bien-être, entraînant ainsi des troubles biologiques pouvant provoquer des pertes de performance. Les détritus peuvent donc avoir un coût économique pour les exploitations agricoles, déjà fragilisées par le contexte actuel.

… et se retrouver dans l’alimentation humaine !

Si les animaux peuvent ingurgiter des déchets et les plantes pousser sur des terres polluées, alors les consommateurs qui vont manger ces produits peuvent aussi se voir contaminés. Bien que non-quantifiable, cela représente néanmoins un risque pour la santé humaine non-négligeable.

Alors que trop souvent les consommateurs décident de pointer du doigt les produits phytosanitaires comme potentiellement dangereux, il semble plus pertinent pour la Coordination Rurale de s’attaquer aux déchets retrouvés dans les champs qui constituent, quant à eux, de vrais dangers !

Ainsi, pour remédier à cette problématique, la Coordination Rurale des Ardennes demande que les outils juridiques soient utilisés et que tout soit fait pour renforcer la verbalisation des entreprises et des individus contrevenants.