Alors que la France importe aujourd’hui plus de 40 % de son alimentation, la question de la souveraineté alimentaire devient plus que jamais centrale. Pour la Coordination Rurale de la Manche, cette dépendance croissante vis-à-vis de l’étranger constitue une fragilité majeure, dont les conséquences pourraient être dramatiques en cas de rupture d’approvisionnement.
Dans un contexte international instable, marqué par des tensions géopolitiques, des crises climatiques et des perturbations logistiques, l’hypothèse d’un arrêt partiel ou total des importations n’est plus irréaliste. Et pourtant, cette réalité reste encore sous-estimée par une grande partie de la population.
« Aujourd’hui, peu de Français mesurent à quel point notre alimentation dépend de l’extérieur. Si demain les importations s’arrêtent, nos supermarchés ne pourront tout simplement plus être approvisionnés comme ils le sont actuellement », alerte Vincent Lesage, président de la Coordination Rurale de la Manche.
Au-delà de la dépendance, c’est aussi la disparition progressive des agriculteurs français qui inquiète. Entre pression économique, normes toujours plus lourdes et manque de reconnaissance, de nombreuses exploitations disparaissent chaque année, réduisant encore davantage la capacité de production nationale.
« On détruit notre outil de production depuis des années. Nos agriculteurs disparaissent, et avec eux, notre capacité à nourrir la population. Le jour où l’on aura vraiment besoin d’eux, il sera peut-être trop tard », poursuit Vincent Lesage.
Pour la Coordination Rurale de la Manche, il est urgent de remettre l’agriculture française au cœur des priorités politiques. Cela passe notamment par une rémunération juste des producteurs, une simplification des normes et une politique agricole tournée vers l’indépendance alimentaire.
« La souveraineté alimentaire, ce n’est pas un slogan. C’est une question de sécurité nationale. Un pays qui ne peut plus nourrir sa population devient vulnérable à tous les niveaux », insiste le président.
Face à ces enjeux, l’organisation appelle à une prise de conscience collective. Consommateurs, décideurs politiques et acteurs économiques doivent comprendre que l’alimentation ne peut pas être laissée aux seules logiques de marché et de mondialisation.
Car au-delà des considérations économiques, c’est bien une question fondamentale qui se pose : que se passerait-il si la France ne pouvait plus se nourrir elle-même ?
Pour la Coordination Rurale de la Manche, la réponse est claire : il est encore temps d’agir, mais l’urgence est réelle.