Ce jeudi 12 mars, une réunion s’est tenue en préfecture en présence de Monsieur le Préfet et des services de la DDTM. Cette rencontre, attendue par la profession, a permis de faire un point sur les échanges précédents et d’aborder les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs du département.

Dès l’ouverture, le préfet a rappelé un contexte agricole marqué par de fortes incertitudes économiques et des évolutions réglementaires importantes, notamment à l’échelle européenne. L’objectif affiché : transformer les constats partagés lors des précédentes réunions en actions concrètes à l’échelle locale.

La CR14 porte la réalité du terrain

Tout au long des échanges, les représentants de la CR14 ont tenu à faire entendre la voix des agriculteurs et à rappeler les réalités quotidiennes du terrain.

La question de l’installation a notamment été au cœur des discussions. Aujourd’hui, de nombreux porteurs de projets se heurtent à un mur : manque de visibilité économique, exigences accrues des banques et complexité administrative. Résultat : des projets qui n’aboutissent pas, alors même que des enveloppes financières importantes restent inutilisées.

La CR14 a ainsi souligné une incohérence forte : près de 74 millions d’euros de crédits agricoles ne sont pas mobilisés, faute de projets finançables dans un contexte devenu trop incertain.

Des exploitations sous pression

Les échanges ont également mis en lumière les difficultés économiques grandissantes des exploitations. Trésoreries fragilisées, retards administratifs, charges en hausse… autant de facteurs qui pèsent lourdement sur les agriculteurs.

La hausse des coûts, notamment du carburant (GNR) et des intrants, suscite de vives inquiétudes pour les campagnes à venir. Beaucoup d’exploitants ne sont pas couverts, laissant planer un risque réel de dégradation économique dans les mois à venir.

Face à ces constats, la CR14 a rappelé l’urgence de mesures adaptées et pragmatiques.

Des leviers locaux à activer

La réunion a également permis d’identifier des pistes de travail concrètes.

L’application de la loi Egalim, notamment dans la restauration collective (écoles, collèges, lycées, hôpitaux), représente un levier important pour développer l’approvisionnement local. La CR14 a insisté sur la nécessité de traduire ces objectifs en actions réelles et mesurables.

Sur le plan réglementaire, plusieurs sujets ont été abordés, notamment l’entretien des haies. Les conditions climatiques ayant fortement perturbé les travaux, une demande de dérogation a été transmise au ministère, preuve que les réalités du terrain doivent être mieux prises en compte.

Sanitaire et marchés : des inquiétudes fortes

La situation sanitaire, avec la tuberculose bovine, a également été évoquée. Les éleveurs s’inquiètent de la progression de la maladie et demandent des procédures plus simples et plus réactives, notamment concernant la gestion de la faune sauvage.

Enfin, les évolutions des marchés agricoles, en particulier dans la filière céréalière, rappellent que les agriculteurs doivent s’adapter à une concurrence internationale de plus en plus forte.

La CR14, force de proposition pour le bon sens agricole

À travers cette rencontre, la CR14 réaffirme son engagement : porter la voix des agriculteurs, défendre des solutions concrètes et faire remonter les réalités du terrain.

Plusieurs ouvertures ont été proposées pour poursuivre le travail avec les services de l’État. La CR14 y prendra toute sa place, avec une ligne claire : défendre une agriculture de bon sens, viable économiquement et ancrée dans les territoires.

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