Le 27 octobre, une délégation composée de l’ensemble des présidents départementaux de la Coordination Rurale Bourgogne-Franche-Comté, conduite par Thierry-James Facquer, président régional, a été reçue par le préfet de région, accompagnée des services de la DREAL, de la DRAAF et du SGAR. Autour de la table : des sujets concrets, souvent sensibles, et un seul fil conducteur — défendre les agriculteurs face à des réglementations de plus en plus éloignées du terrain.
Espèces protégées : la CR demande un interlocuteur unique et un rôle plus pédagogique de l’OFB
Les représentants de la Coordination Rurale ont une nouvelle fois souligné les difficultés rencontrées par les agriculteurs face à la destruction d’habitats d’espèces protégées. Le syndicat a rappelé l’affaire d’un adhérent de Haute-Saône qui avait été condamné, et a demandé la désignation d’un interlocuteur unique régional pour traiter ces dossiers complexes.
La CR a également insisté pour que l’OFB adopte une approche plus pédagogique, en conseillant les agriculteurs avant de dresser des procès-verbaux, plutôt que de sanctionner sans explication ni accompagnement.
Le préfet a reconnu qu’il était indispensable d’informer les agriculteurs de la présence d’habitats protégés, et a demandé à ses services d’étudier un moyen concret d’y parvenir. Une avancée importante pour la Coordination Rurale, qui défend depuis longtemps plus de transparence et moins de répression.
Loup : enfin des analyses salivaires pour mieux connaître la réalité
Sur le dossier du loup, la CR a exprimé sa déception face à l’absence de mesures fortes pour protéger les éleveurs, et souligné que les méthodes de comptage actuelles sous-évaluent la population réelle. Le préfet a partagé le constat d’une situation préoccupante et s’est déclaré favorable au recours systématique aux prélèvements salivaires sur les animaux victimes d’attaques.
Une expérimentation en Côte-d’Or sera d’ailleurs lancée, avec la Chambre d’agriculture et l’OFB, pour fiabiliser les données génétiques. La CR se félicite de cette ouverture, rappelant que mieux connaître la réalité du terrain, c’est déjà mieux protéger les éleveurs.
Zones vulnérables aux nitrates : des données illisibles, la CR réclame une synthèse claire
La révision des zones vulnérables aux nitrates a également suscité de vives réactions. Les services ont transmis des masses de données brutes, réparties entre quatre opérateurs différents, rendant leur exploitation quasiment impossible dans les délais.
La Coordination Rurale a exigé la production d’une synthèse régionale claire, commune par commune, mentionnant le statut (classée, entrante, sortante) et la raison du classement. La DREAL n’a pas dit non : un signe encourageant que la CR entend suivre de près.
Pour le syndicat, il est urgent de sortir de la logique de suspicion permanente envers les pratiques agricoles et de prendre enfin en compte les sources urbaines de pollution.
DNC, TVA, facturation électronique…
Sur d’autres sujets — Dermatose Nodulaire Contagieuse, TVA viticole ou facturation électronique — la CR a rappelé la nécessité d’un accompagnement réel des exploitants, d’une simplification administrative et d’un traitement équitable des responsabilités.
Une écoute réelle, mais la vigilance reste de mise
La Coordination Rurale salue l’écoute attentive du préfet et de ses services, ainsi que les premières pistes évoquées sur plusieurs dossiers sensibles. Mais le syndicat reste vigilant et attend désormais des actes concrets pour répondre aux attentes légitimes des agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté.
