« Pour les viticulteurs du Vaucluse, c’est clairement une année en demi-teinte. On vient de finir les vendanges et on ne peut pas dire que ça soit une mauvaise année, au contraire, les récoltes ont été plutôt bonnes, notamment dans la haute vallée du Rhône. En revanche, on a dû faire face à plusieurs intempéries pendant l’année, d’abord le gel, puis la grêle, puis un peu de sécheresse aussi selon les coins. Et puis, au milieu de tout ça, le Covid-19. Même si on est sur une meilleure saison que l’année dernière, on sait qu’on aurait pu faire encore mieux sans tous ces aléas climatiques. Du côté des ventes, tous les viticulteurs du département, et de la région s’accordent pour dire que cette année à été catastrophique, la faute au Covid-19. C’est bien simple, on n’a pu faire aucun marché, aucune foire, aucun salon… En plus de ça, cet été la fréquentation touristique a aussi été affectée, et la vente directe nous est ainsi passée sous le nez. Tout ça, ça a un effet boule de neige : si on ne vend pas, on ne vide pas nos cuves, et donc on n’a pas de stockage disponible pour les vendanges de cette année… D’autre part, on est de plus en plus nombreux à constater la précocité des vendanges. Pour parler un peu plus technique, depuis quelques années l’augmentation des degrés alcooliques est impressionnante. On obtient des degrés trop hauts, et trop tôt dans la saison. Cette année, j’ai commencé mes vendanges à la mi-août, c’est bien trop tôt… Le problème vient des cépages que l’on nous impose, ils produisent de façon homogène et linéaire. Ça fait des vins uniformes, difficiles à vendre, à parcellariser et qui ne se démarquent pas. De plus, c’est de plus en plus difficile de faire du vin, quand on est dans une appellation, parce qu’on doit respecter certaines « règles » imposées par l’INAO. Cet institut n’entend pas qu’on a besoin d’une marge d’adaptation, notamment dans les assemblages. Ce n’est pas pour tromper le consommateur, c’est simplement pour arriver à faire un vin de qualité, qui correspond à la typicité de notre terroir. Je pense aussi à toutes les autres productions agricoles qui elles aussi ont toutes rencontré les mêmes problématiques à cause du confinement et du virus, mais en tant que Président de la CR du Vaucluse, je tiens à leur dire que nous devons tous être solidaires les uns envers les autres, et ne pas baisser les bras. Nous devons continuer à défendre nos valeurs, notre métier, et surtout en être fiers ».
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