La situation sanitaire continue de se détériorer. Plusieurs foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont récemment été confirmés dans les départements du Nord (62), de la Loire-Atlantique (44), du Lot-et-Garonne (47), de la Vendée (85) et de la Seine-Maritime. Par arrêté du 21 octobre 2025, les autorités ont décidé de relever le niveau de risque de « modéré » à « élevé » sur l’ensemble du territoire métropolitain à compter du 22 octobre.

Cette décision entraîne l’obligation de mise à l’abri de toutes les volailles, afin de limiter les contacts entre oiseaux sauvages et domestiques et réduire ainsi le risque d’introduction du virus. Cette mesure s’applique également aux canards vaccinés : la vaccination ne protège pas totalement contre l’entrée du virus, même si elle diminue les risques d’excrétion et de diffusion entre élevages.

Les éleveurs normands sous tension

En Normandie, les éleveurs ressentent ce relèvement du risque comme une nouvelle épreuve. Entre la grippe aviaire, la fièvre catarrhale ovine (FCO) et la tuberculose bovine, la région subit déjà une forte pression sanitaire. À cela s’ajoute la crainte de voir la maladie hémorragique épizootique (MHE) et la dermatite nodulaire contagieuse (DNC), présentes dans d’autres régions, franchir à leur tour le seuil normand.

« Les éleveurs se sentent pris en étau« , explique Chantal Jean, présidente de la Coordination Rurale de Normandie, « Si un élevage est positif, il faut tout abattre et tout fermer. Je ne pense pas que tous peuvent se relever d’une telle annonce. » Derrière ces mots, c’est tout un climat d’inquiétude qui s’installe dans les campagnes, où les crises s’enchaînent sans répit.

Une stratégie vaccinale affaiblie et un sentiment d’abandon

La Coordination Rurale a dénoncé la baisse drastique des aides liées à la vaccination contre l’influenza aviaire : la prise en charge est passée de 85 % la première année, à 70 %, puis à seulement 40 % aujourd’hui. Une décision jugée incohérente alors que la vaccination était censée être le pilier de la prévention nationale.

Les éleveurs, déjà confrontés à des pertes de production pouvant atteindre 15 % chez les pondeuses et à des coûts accrus liés au confinement, peinent à maintenir leurs exploitations à flot. Beaucoup dénoncent un manque d’accompagnement global face à l’accumulation des crises sanitaires.

Une filière en danger, un appel au soutien de l’État

La Coordination Rurale a également appelé au rétablissement immédiat d’une prise en charge d’au moins 70 % des coûts de vaccination et à la mise en place d’un accompagnement renforcé pour les éleveurs touchés ou menacés.

Les crises se succèdent, les charges explosent, et la peur de nouvelles maladies s’installe. La Normandie, encore épargnée par certaines épizooties, redoute de voir à son tour ses élevages frappés de plein fouet.

« Les éleveurs ont déjà payé un lourd tribut », rappelle Chantal Jean, « sans un soutien clair, lisible et durable de l’État, la filière avicole et plus largement l’élevage français risquent d’être affaibli de cette succession d’attaques sanitaires. »

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