La 500e édition de la foire Sainte-Croix de Lessay, inaugurée vendredi 12 septembre par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, s’est tenue dans un contexte marqué par l’absence quasi totale d’animaux, en raison de la fièvre catarrhale ovine (FCO), et une profonde inquiétude des agriculteurs. Jean-Philippe Yon, secrétaire général de la Coordination rurale (CR) de la Manche, a profité de l’événement pour alerter sur l’abandon des agriculteurs par l’État et les dangers de l’accord UE-Mercosur pour l’élevage français.

Une foire sans animaux, symbole d’une crise sanitaire persistante

Jean-Philippe Yon n’a pas mâché ses mots : « L’État a laissé tomber les agriculteurs. Nous sommes livrés à nous-mêmes, dans une solitude déconcertante. » Depuis la démission du gouvernement Bayrou, la France est privée de ministre de l’Agriculture, une situation qui inquiète les professionnels. « Nous refusons de voir l’agriculture sacrifiée sur l’autel du libéralisme », a-t-il martelé, rappelant que ces foires sont des moments clés pour rappeler que l’agriculture reste au cœur de la société, même en période de crise.

L’accord UE-Mercosur, une « trahison programmée » pour l’agriculture française

Le secrétaire général de la CR a également pointé du doigt l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, qu’il qualifie de « trahison programmée ». Selon la Coordination rurale, cet accord ouvrirait les portes du marché européen à des importations massives de viande sud-américaine, sans garantie de réciprocité sur les normes sanitaires, environnementales ou sociales.

Pour Jean-Philippe Yon, « on nous étouffe sous les règles, on nous traque pour la moindre faute, pendant qu’on ouvre grand les portes à des produits qui ne respectent pas nos exigences », dénonce-t-il. La CR demande depuis longtemps que l’agriculture soit retirée des traités de libre-échange et appelle les parlementaires à s’opposer fermement à cet accord.

Yaël Braun-Pivet, présente pour l’inauguration, a reconnu les inquiétudes des agriculteurs. « Vous êtes notre fierté, et nous serons toujours à vos côtés à l’Assemblée nationale », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de trouver des solutions ensemble. Mais pour les représentants de la CR, les promesses ne suffisent plus : « Nous attendons des actes concrets pour protéger notre souveraineté alimentaire et nos exploitations familiales ».

Des attentes fortes, des réponses encore floues

La présidente de l’Assemblée nationale a souligné l’importance d’être sur le terrain pour écouter les préoccupations des agriculteurs. « En période de fracture politique, il est crucial de montrer que nous sommes à leurs côtés », a-t-elle affirmé. La Coordination rurale lui a rappelé l’urgence de politiques agricoles cohérentes, notamment en matière de gestion des crises sanitaires et de protection contre les importations déloyales. « Nous avons besoin de stabilité et de soutien, pas de belles paroles », résume Jean-Philippe Yon.

Alors que la foire de Lessay a fermé ses portes dimanche, une question reste en suspens : les alertes des agriculteurs seront-elles enfin entendues ?

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