La Coordination Rurale du Calvados réagit vivement à la fermeture de l’usine Cibem du groupe Lactalis à Saint-Pierre-en-Auge, une décision qui menace l’emploi rural et le savoir-faire agroalimentaire normand.
Un savoir-faire local sacrifié sur l’autel de la rentabilité
La Coordination Rurale du Calvados dénonce une décision « inacceptable », soulignant que le groupe Lactalis, qui a construit sa puissance économique grâce aux producteurs et aux filières locales, tourne aujourd’hui le dos à une usine déjà fragilisée par des restructurations successives.
« Comment accepter qu’un groupe comme Lactalis, qui a bâti sa puissance en grande partie grâce aux producteurs et aux filières locales, abandonne ainsi une usine qui a déjà subi de lourdes restructurations ? » s’interroge Jean Jacques Pesquerel, Président.
L’argument de la rentabilité, avancé pour justifier cette fermeture, est vivement critiqué. « La question de la rentabilité ne peut justifier l’abandon brutal d’une centaine de salariés et de leurs familles », insiste le Président, rappelant que les coûts de production (comme le prix des boîtes en bois) ont surement déjà été répercutés sur les consommateurs.
Un territoire rural fragilisé, un État absent
Au-delà de l’impact humain, la fermeture de Cibem illustre la désertification économique progressive des campagnes normandes. « Chaque fermeture accentue la désertification économique de nos campagnes, qui ne doivent pas être réduites à n’être qu’un décor sans activité ni avenir », alerte la Coordination Rurale du Calvados.
Le rôle de l’État est également pointé du doigt : « Il ne peut continuer à rester spectateur face à la disparition progressive de nos usines et de nos savoir-faire ». Les acteurs locaux appellent à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes pour préserver l’emploi et le tissu industriel rural.
Appel à la mobilisation générale
Face à cette situation, la Coordination Rurale du Calvados réaffirme son « soutien total aux salariés de Cibem » et lance un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs – entreprises, élus, pouvoirs publics – pour défendre l’emploi et préserver le tissu industriel et social de la ruralité normande.
« Nous devons agir ensemble pour éviter que la Normandie ne perde définitivement des pans entiers de son économie et de son identité », conclut Jean Jacques Pesquerel.
