Danone a annoncé la signature d’un contrat avec l’organisation de producteurs Ouest’Lait, portant sur 50 millions de litres de lait à partir de 2026 et pour une durée de cinq ans. La volonté du groupe serait de « sécuriser ses approvisionnements » et de réduire sa dépendance vis-à-vis de ses producteurs actuels.

Un risque de mise en concurrence des éleveurs

Pour la Coordination Rurale, cette démarche est loin d’être neutre :

« Plus Danone dispose de lait, plus il peut jouer la carte de la concurrence entre éleveurs. C’est une logique dangereuse qui ne peut que tirer les prix vers le bas et mettre encore davantage en difficulté ceux qui livrent déjà au groupe », alerte Jean Jacques Pesquerel.

Déjà critiqué pour être l’un des industriels qui paie le moins bien son lait (Prix de base moyen des 12 derniers mois (octobre 2024-septembre 2025) ne dépasse pas les 460 €/1 000 l- webagri), Danone pourrait accentuer la pression sur ses producteurs historiques au lieu de reconnaître la nécessité d’un prix rémunérateur.

Une stratégie de dépendance inquiétante

La Coordination Rurale assume son inquiétude : pourquoi ne pas valoriser le travail des éleveurs ? La politique de Danone serait elle de multiplier ses sources d’approvisionnement pour mieux tenir ses producteurs sous dépendance ?

« Nous alertons, les éleveurs laitiers ne sont pas une variable d’ajustement. Si Danone veut réellement sécuriser ses approvisionnements, pourquoi pas mais pourquoi ne pas commencer par sécuriser l’avenir de ses producteurs en payant le lait à sa juste valeur », insiste Jean Jacques Pesquerel.

Une demande de rencontre

Face à cette inquiétante orientation, la Coordination Rurale a demandé une rencontre rapide avec la direction de Danone afin d’obtenir des garanties claires :

  • pas de mise en concurrence entre producteurs ;
  • un prix du lait qui couvre les coûts de production ;
  • des contrats clairs et équitables pour l’ensemble des éleveurs.

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