Après la démission de François Bayrou hier, 9 septembre, le gouvernement se retrouve en mode « affaires courantes », incapable de prendre de nouvelles décisions. Une situation qui laisse les agriculteurs sur leur faim, alors que plusieurs dossiers cruciaux pour l’avenir de l’agriculture française restent en suspens.
Des promesses en l’air, des dossiers en attente
La négociation de la future Politique agricole commune (PAC) post-2027, qui débute à Bruxelles, est l’un des sujets les plus urgents. Pourtant, les agriculteurs craignent que la France, affaiblie par l’instabilité politique, ne pèse pas assez dans les discussions. « On nous promet des choses, mais quand il faut agir, il n’y a plus personne », explique Jean Jacques Pesquerel, président de la Coordination Rurale du Calvados, déçu par le manque de suivi des engagements pris.
Autre dossier brûlant : la finalisation des Assises du sanitaire en élevage, censées apporter des réponses concrètes aux crises sanitaires récurrentes. Mais avec un gouvernement démissionnaire, qui portera ces décisions ? Même question pour l’initiative d’un équivalent pour les filières végétales, ou encore la présentation d’un plan pour les femmes en agriculture, des sujets qui peinent à trouver une oreille attentive dans les couloirs du pouvoir.
Les agriculteurs, grands oubliés des remaniements
« A la CR, nous avons l’impression que l’agriculture n’est qu’un dossier parmi d’autres, alors qu’elle est vitale pour le pays », s’agace Jean Jacques Pesquerel. Les annonces se succèdent, les ministres aussi, mais les actes concrets se font attendre. « À chaque remaniement, on recommence à zéro. Qui va suivre les dossiers ? »
Un gouvernement en roue libre
Avec un exécutif en mode « affaires courantes », les agriculteurs redoutent que leurs revendications ne soient une nouvelle fois reléguées au second plan. « On fait tourner les serviettes, mais pas les dossiers », résume t’il, amer, « la balle est désormais dans le camp du prochain gouvernement : saura-t-il enfin donner à l’agriculture la place qu’elle mérite ? Nous le souhaitons fermement ».
