La découverte macabre de près de 700 porcs morts dans une exploitation de la Manche a bouleversé l’opinion publique. Mais derrière cette tragédie, il y a l’histoire d’un éleveur laissé seul face à une impasse sanitaire et financière.
Une situation connue de tous
L’exploitation était contaminée par la salmonellose et la MAP (Maladie d’Amaigrissement du Porcelet). Le préfet et les services compétents étaient informés de cette situation dramatique et avaient même rencontré l’agriculteur. Pourtant, aucune solution viable ne lui a été apportée.
La seule issue proposée était l’abattage total du cheptel à coup de matador et son envoi à l’équarrissage : une opération au coût insupportable pour un éleveur déjà en grande difficulté.
Un homme dans une impasse
Faute de moyens, l’éleveur n’avait plus la possibilité d’acheter les compléments alimentaires nécessaires. Ses porcs dépérissaient et ne grossissaient plus, nourris uniquement avec du maïs. Acculé, il a dû chercher du travail à l’extérieur pour survivre, tandis que ses animaux mouraient progressivement, victimes de la maladie et de conditions impossibles.
La réaction de la Coordination Rurale
Pour Yannick Bodin, président de la Coordination Rurale de la Manche, les responsabilités sont claires :
« L’élevage était contaminé par la salmonellose et la MAP. Le préfet était au courant depuis longtemps. La seule solution proposée était d’abattre tous les cochons et de les envoyer à l’équarrissage, mais le coût était exorbitant. L’éleveur, déjà en grande difficulté, s’est retrouvé dans une solution sans solution. Ni les pouvoirs publics, ni le groupement de producteurs ne l’ont accompagné. Aujourd’hui, je ne supporte pas de voir tout ce qui est dit contre lui. Nous voulons lui apporter tout notre soutien. »
Ne plus laisser les éleveurs sombrer
Il est aujourd’hui trop facile de pointer du doigt cet éleveur. Ce drame ne peut pas reposer uniquement sur ses épaules. La profession, le groupement, la préfecture et les structures sanitaires connaissaient la situation et n’ont rien fait pour l’aider.
La Coordination Rurale de la Manche rappelle avec force que protéger le bien-être animal ne peut se faire sans protéger les éleveurs. Ce drame doit être une leçon collective : plus jamais un agriculteur ne doit être abandonné dans une telle détresse
