Lundi 4 septembre 2017, la Coordination Rurale des Ardennes a rencontré le préfet des Ardennes, Pascal Joly, dans le cadre d'une rencontre avec la profession agricole (Chambre d'Agriculture, DDT, syndicats agricoles, etc).
Le président de la CR08, Francis Closquinet accompagné de Frédéric Verzeaux, membre de la CR08 ont insisté sur la baisse des prix des céréales cette année. Le bilan des récoltes 2017 n'est pas cette année des plus mémorables, même si la qualité est au rendez-vous. C'est la troisième année consécutive que le blé est produit à perte sur notre territoire (consulter notre article).
Autres points abordés par la profession agricole: les retards de paiements MAE Bio, utilisation des fonds FEADER, transfert des aides entre piliers, ralentissement des investissement en agriculture, manque de visibilité sur les trésorerie, détresse des agriculteurs...
Données sur les paiements dans les Ardennes
2014 : 2577 bénéficiaires ardennais, pour un total 82 millions d'euros au titre des DPU.
2015 : 2563 bénéficiaires ardennais de DPB, soit au total 76 millions d'euros.
2016 : 2513 bénéficiaires ardennais, pour un total de 72 millions d'euros.
Cette baisse non négligeable peut être expliquée notamment par la convergence et la diminution globale de l'enveloppe allouée aux aides agricoles européennes.
Un avenir sombre pour le glyphosate
Réel atout compétitif pour les inter-cultures, sa suppression pourrait entrainer une perte jusqu'à un milliard d'euros par an pour l'agriculture, selon certaines estimations.
La molécule mise en cause, la tallowe amine, est évaluée dangereuse par certains rapports mais suivant les agences (Anses, OMS, etc.) et leurs sensibilités, les avis divergent, quant à la toxicité pour l'Homme.
Une utilisation raisonnée avec des doses que les agriculteurs français ont déjà l'habitude d'appliquer, n'est pas préjudiciable.
Les industries de phytosanitaires ont vu le bon piston, en commercialisant un désherbant excluant la molécule en jeu. Or, cette nouvelle formulation est beaucoup moins bien assimilé par la plante. En utilisant ce genre de produit, il est donc nécessaire de compenser avec des doses supérieurs. Sans parler du coût, qui devrait être au mieux équivalent mais avec des doses plus fortes...
Alors, quelles conséquences pour l'économie globale et la biodiversité ?
Tandis qu'une interdiction de cet herbicide induirait un accroissement des indices de fréquence de traitement et ramènera à zéro les efforts faits jusqu'ici pour une agriculture plus durable, la Coordination Rurale et l’Organisation des producteurs de grains (OPG) militent pour le maintien de l'autorisation au moins quelques années, afin d'une part, de mettre en place un réel programme d’études sur sa toxicité par un organisme neutre et d'autre part, d'avoir le temps de trouver un remplaçant à cet herbicide, qui soit efficace, économique et plus sain pour l'environnement, que celui d'augmenter les autres traitements...
Intéressé ? Consulter notre article.
Un espoir avec les EGA
La Coordination Rurale souhaite renverser la stratégie actuelle: "on marche sur la tête!"
En effet, les agriculteurs perdent de l'argent en travaillant tous les jours pour produire une nourriture de qualité, qui répond aux normes sociales, économiques et sanitaires françaises, tandis qu'elles ne sont pas respectées par les pays exportateurs ...!
Le montant moyen des retraites agricoles versées est en dessous du seuil de pauvreté.
Le céréalier n'est pas autorisé à vendre directement des céréales à qui il souhaite, il doit passer par des organismes... Intéressons nous particulièrement à cette dernière: le droit de vente directe.
Cette particularité, propre à la France, l'est aussi uniquement pour le céréalier, tandis qu'un autre agriculteur pourra vendre librement du formage ou du vin à la ferme. Au niveau européen et mondial, tous les autres grands pays exportateurs sont libres de commercialiser leur céréales. Cela induit un réel handicap de compétitivité, puisque l'agriculteur perd de la valeur ajoutée.
A la Coordination Rurale, nous voulons favoriser des relations directes entre producteurs et utilisateurs, voire une saine contractualisation pour obtenir des prix réels de transaction variant moins que les fluctuation du marché mondial !
