e Comité Élevage de la SETF vient d’émettre un avis favorable à une évolution de l’article 7 du règlement du Livre généalogique du Trotteur Français, ouvrant la voie au transport de semence pour l’insémination artificielle des juments. Cette proposition devra désormais être examinée par les autres instances compétentes avant une éventuelle validation par le ministère de l’Agriculture.
La Coordination Rurale de l’Orne prend acte de cette décision avec responsabilité. Si cette évolution peut présenter de réels avantages, notamment en matière sanitaire en limitant les déplacements durant la saison de monte, ainsi qu’en réduisant les coûts supportés par certains éleveurs, elle ne doit pas être analysée sous ce seul angle.
La Normandie est la première région équine de France. L’Orne, premier département français pour l’élevage des trotteurs, tire une part essentielle de son activité économique de cette filière. Haras, centres d’insémination, vétérinaires, salariés et de nombreuses entreprises vivent directement de ce modèle d’élevage, déjà fragilisé par les difficultés économiques que connaît aujourd’hui la filière.
La Coordination Rurale de l’Orne demande donc à l’État de mesurer avec précision les conséquences économiques, sociales, techniques et génétiques de cette évolution avant toute décision définitive. Cette réforme ne doit pas fragiliser les emplois, ni accélérer le recul du nombre d’éleveurs et d’entraîneurs. Elle ne doit pas non plus constituer le point de départ d’autres évolutions susceptibles de remettre en cause, à terme, les fondements du Stud-book, l’identité et la préservation de la race Trotteur Français.
Les décisions qui seront prises dans les prochaines semaines devront être guidées par l’intérêt général de toute la filière, et non par les intérêts particuliers de quelques-uns. L’avenir de nos élevages, de nos emplois, de nos territoires et de l’excellence du Trotteur Français mérite une évaluation approfondie et une vigilance de tous les instants.
« Moderniser une filière est une ambition que nous saluons. Préserver celles et ceux qui la font vivre est une responsabilité que chacun doit assumer. » Anne Valérie Préel, coprésidente CR61