Face à la menace de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le préfet de la région Normandie a réuni, vendredi 19 décembre, l’ensemble des acteurs régionaux du monde agricole lors du Comité régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV). Objectif : faire le point sur la situation sanitaire, échanger sur la stratégie de lutte et dresser un bilan des contrôles mis en place sur le territoire normand.

Cette réunion a rassemblé l’ensemble des parties prenantes du sanitaire animal : représentants des filières agricoles, syndicats agricoles, transporteurs, négociants, vétérinaires, laboratoires et services de l’État. Une mobilisation jugée essentielle alors que cette maladie virale, qui touche les bovins, sévit actuellement dans l’Est et le Sud de la France. À ce jour, la Normandie reste épargnée.
Une région fortement exposée

Si aucun cas n’a encore été détecté en Normandie, les conséquences d’une éventuelle introduction du virus seraient majeures. La région est en effet la quatrième région d’élevage bovin en France, avec près de deux millions d’animaux. Selon les autorités, les principaux risques d’introduction de la maladie reposent sur les mouvements de bétail en provenance des zones infectées.

« Les échanges au sein du CROPSAV nous ont permis d’exprimer leurs interrogations et nos besoins concernant la stratégie nationale de lutte contre la DNC », explique Albertus Pardijs, représentant de la Coordination Rurale de Normandie, « tout cela se passe dans un contexte de forte inquiétude pour l’ensemble des éleveurs ».

Des contrôles renforcés sur les transports de bovins

Face à l’évolution de la situation sanitaire au niveau national, le préfet de région a décidé de renforcer les contrôles, en particulier ceux portant sur les véhicules de transport de bovins. Près de 200 contrôles ont déjà été réalisés dans les cinq départements normands, sans qu’aucun manquement n’ait été constaté à ce stade.
Les services de l’État entendent toutefois maintenir une vigilance maximale. Les contrôles des mouvements d’animaux et du commerce de bovins vivants se poursuivront sur l’ensemble du territoire régional, jusqu’à ce que la maladie soit maîtrisée à l’échelle nationale.

Rappel strict des règles sanitaires

Lors de la réunion, les règles de sécurité sanitaire ont été rappelées avec fermeté. Aucun bovin ne doit provenir des zones réglementées des trois régions concernées par la DNC ni de la zone vaccinale du Sud-Ouest. Les centres de rassemblement sont également tenus de déclarer l’ensemble des entrées et sorties d’animaux dans un délai de 24 heures, afin d’assurer une traçabilité complète des mouvements.

Par ailleurs, tout regroupement festif impliquant des bovins demeure interdit sur l’ensemble du territoire français, afin de limiter les risques de propagation du virus.
Un appel à la responsabilité collective

Le préfet de la région Normandie a insisté sur la responsabilité collective et individuelle des acteurs de la filière bovine. Il a salué les initiatives interprofessionnelles et intersyndicales appelant à la prudence dans les mouvements d’animaux et à une vigilance accrue sur leur état sanitaire.

L’information et la communication auprès des éleveurs sont considérées comme des leviers essentiels de la lutte contre la DNC. Les services de l’État, les vétérinaires et les groupements sanitaires se sont engagés à poursuivre cet effort commun, en lien étroit avec les professionnels du secteur.

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