Pendant que la France brûle, nos agriculteurs sont en première ligne.

La Coordination Rurale de l’Orne tient tout d’abord à saluer le courage et l’engagement des agriculteurs qui, partout en France, interviennent aux côtés des sapeurs-pompiers. Avec leurs tracteurs, leurs tonnes à eau et leur parfaite connaissance du terrain, ils protègent les populations, les habitations, les cultures et les forêts. Une fois encore, le monde agricole répond présent lorsque le pays en a besoin.

Mais derrière ces incendies se cache une autre catastrophe, plus silencieuse : celle de l’élevage français.

Les canicules successives ont durement frappé les prairies. L’herbe a grillé dans de nombreux territoires et les récoltes de fourrage sont fortement compromises. Dans certaines exploitations, les stocks prévus pour l’hiver sont déjà entamés en plein été. La question est désormais simple : comment nourrir les troupeaux dans les mois qui viennent ? Les éleveurs bovins sont les premiers concernés, mais les filières ovine, caprine, équine et de nombreux autres élevages subissent les mêmes conséquences.

À cette crise climatique s’ajoute une inquiétude économique majeure. Les premières annonces de baisse des cours de certaines catégories de bovins font craindre un nouvel effet de ciseau : des animaux à nourrir avec des fourrages qui manquent, des charges qui restent élevées et des revenus qui se dégradent. Beaucoup d’éleveurs pourraient être contraints de vendre une partie de leur cheptel, alimentant ainsi une pression supplémentaire sur les marchés.

Dans le même temps, la France dépend toujours davantage des importations. Aujourd’hui, près de 35 % de la viande consommée dans notre pays est importée, une proportion qui ne cesse de progresser. Chaque élevage qui disparaît accroît notre dépendance alimentaire et fragilise un peu plus notre souveraineté.

Le véritable scandale est que, pendant que les producteurs peinent à vivre de leur travail, la valeur ajoutée continue de se concentrer entre les mains de certains intermédiaires de la filière. Les éleveurs supportent les risques climatiques, sanitaires et économiques, mais restent les premiers à subir la baisse des prix. Cette situation n’est plus acceptable.

La Coordination Rurale de l’Orne appelle les pouvoirs publics, les industriels, les transformateurs, la grande distribution et l’ensemble des acteurs de la filière à prendre leurs responsabilités. Il est urgent que la valeur soit enfin équitablement répartie et que des mesures exceptionnelles soient mises en œuvre afin de permettre aux éleveurs de traverser cette crise.

Nous appelons également les consommateurs à prendre conscience de la gravité de la situation. Derrière chaque élevage qui disparaît, ce sont des emplois, des territoires vivants, un savoir-faire et une part de notre indépendance alimentaire qui s’éteignent.

L’élevage français est à un tournant de son histoire. Les décisions prises dans les prochaines semaines détermineront s’il pourra encore exister demain.

« Quand la dernière étable aura fermé, il sera trop tard pour regretter notre souveraineté alimentaire » Anne Valérie Préel, Coprésidente de la CR61.

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