Retour sur la rencontre de la Coordination Rurale 41 avec le préfet du Loir-et-Cher, François Pesneau et le directeur adjoint de la DDT, Patrice François, vendredi 7 avril, à Chauvigny-du-Perche. Une trentaine d’agriculteurs ont fait le déplacement pour ce second rendez-vous avec les deux personnalités. Une première rencontre avait été organisée en janvier.

C’est Mélanie Léger, jeune éleveuse qui a nous accueilli sur son exploitation de 100 ha en polyculture élevage, ovins et cultures. La visite de sa ferme qui compte environ 700 brebis de différentes races mais toutes sous aptitudes bouchères, a permis de mettre le représentant de l’État comme le directeur de la DDT en contact direct avec les enjeux du terrain.

L’élevage peut-il encore faire vivre ?

Mélanie est à la tête d’une production de 1000 agneaux par an sous labels dont 130 femelles gardées pour le renouvellement. L’alimentation est produite sur l’exploitation sauf pour les tourteaux de colza. Tout est sans OGM.

La jeune agricultrice ne pourrait cependant pas vivre de son seul élevage car les charges ont augmenté de 25% et le prix actuel de l’agneau ne permet pas de compenser cette augmentation. Mélanie devrait vendre 2€ plus cher chaque animal si elle voulait vivre de son activité. La tonte est également une véritable perte d’argent. Chaque brebis lui fait perdre 2€, ce qui fait une perte totale de 1400€ par an uniquement pour la tonte.

Mélanie reconnaît s’en sortir mieux avec les cultures, car, confie-t-elle : « Même si les charges ont aussi augmenté, le prix lui a suivi. A se demander si l’élevage est toujours intéressant en France ! »

Une rencontre riche en discussions

L’eau, les contrôles, les retraites, les zones Natura 2000, les abattoirs, les jeunes installations, retenues d’eau… De nombreuses questions agricoles importantes ont été abordées tout au long de la visite.

Le préfet s’est montré à l’écoute. En ce qui concerne la gestion de la ressource en eau, il a manifesté le souhait d’étudier davantage de projets de retenues d’eau. En effet, depuis son arrivée à la préfecture du Loir-et-Cher, un seul projet lui a été soumis et il l’a accepté. Il est revenu à ce propos sur le travail qu’il a effectué en Vendée avec pour résultat, une amélioration des nappes phréatiques depuis l’installation des retenues d’eau.

Frédéric Prégeant, trésorier de la CR41 demanda pourquoi il n’y a pas eu de retour à la carte des cours d’eau et faisait remarquer que la carte IGN n’est pas pratique comparé à celles des cours d’eau et que cette dernière était un travail mené par la DDT elle même avec les syndicats, l’OFB et les acteurs de terrain. Le directeur adjoint indique que la carte des cours d’eau n’est plus utilisée car il y a plusieurs ONG qui ont fait remarqué que la carte ne répertoriait pas assez les cours d’eau. Le juge du tribunal a établi que la carte IGN était la carte la plus actualisée.

En revanche le directeur adjoint a expliqué que des expertises pouvaient être menées pour actualiser la carte IGN sauf qu’en réalité les expertises sont menées pour actualiser la carte des cours d’eau car ce sont les agents de l’OFB et de la police de l’eau qui mènent ces expertisent. On peut donc se poser la question de quelle est la carte la plus actualisée finalement ?

Une discussion s’est ensuite engagée sur les dégâts de gibier. La CR et la préfecture s’accordent pour dire que la route est encore longue même si on est sur la bonne voie.

Concernant le CSP, conseil stratégique à l’utilisation des produits phytosanitaires, après une explication complète d’Aurélie Hallain, présidente de la CR28 et vice-présidente de la région Centre Val-de-Loire, le préfet a indiqué qu’il allait faire remonter au ministre Marc Fesneau, l’inquiétude des agriculteurs.

Ministre dont il a rappelé les mots en guise de conclusion en indiquant qu’il fallait arrêter les transpositions franco-françaises. Selon lui, la France doit cesser de se battre seule sur ces sujets, s’adapter uniquement aux lois européennes. La France impose énormément de restrictions à ses agriculteurs tout en acceptant l’importation de produits qui n’en n’ont pas. Il faut que ça change !

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