La Coordination rurale a dressé un bilan très contrasté de la situation agricole actuelle, jeudi, à Vendôme. Le tout nouveau président national de la Coordination rurale, Bernard Lannes, est venu jeudi à Vendôme participer aux travaux de l'assemblée générale départementale de l'association. Il a été accueilli par son président, Philippe Motheron.

Que pense Bernard Lannes du ministre de l'agriculture ? « C'est quelqu'un d'intelligent, bon négociateur, qui a fait des choses bien. Mais il a récolté des patates chaudes, il fait aussi des erreurs... ». Détail amusant : un oncle de Bruno le Maire est membre de la... Coordination rurale !

Les agriculteurs envisagent par ailleurs avec une certaine anxiété la réorientation de la PAC (Politique agricole commune) en 2013 : « Nous sommes découragés par une administration qui a pris le pouvoir et nous impose des normes drastiques qui ne sont pas en vigueur dans d'autres pays. De ce fait, nous ne sommes pas compétitifs », explique Philippe Motheron, approuvé par Bernard Lannes : « Les importations massives sont un vrai problème... ». Passons aux éleveurs du Perche, au bord du désespoir : « Les cours de la viande sont au plus bas et les éleveurs sont plombés par la hausse du cours des céréales dont ils ont besoin pour nourrir leurs animaux », souligne Philippe Motheron.

Un vrai casse-tête

Quant aux producteurs de lait, « ils sont désormais contraints de traiter avec une seule laiterie, sans garantie de prix, et avec la disparition programmée des quotas, s'ils sont tentés de produire plus pour faire rentrer de la trésorerie, ils risquent aussi de générer une surproduction qui fera baisser les prix... ». Un vrai casse-tête. D'autant que la hausse des céréales, si elle cause des soucis aux éleveurs, fait le bonheur momentané des céréaliers : « La Russie, en raison de la sécheresse et des incendies, n'exporte plus, et la demande est forte. Les céréaliers profitent donc de cette situation, en espérant qu'elle va durer. Mais les cours actuels sont simplement revenus, en francs constants, à ceux de 1989 », insiste Philippe Motheron.

De plus, tous les céréaliers n'en profitent pas. Certains ont vendu leur production dès la fin de la récolte et ceux qui ont attendu sont les grands bénéficiaires. « De toute façon, aujourd'hui, les silos sont vides à 90 % », conclut Philippe Motheron.

Hervé Aussant
Source : Nouvelle République.fr article ici

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