Vendredi 24 mars, la Coordination Rurale d’Eure-et-Loir a rencontré le député Olivier Marleix, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, dans sa permanence parlementaire à Dreux, afin d’évoquer les contrôles et le mal-être agricole. Aurélie Hallain, présidente de la CR28 et son vice-président, Philippe Ribault, avaient à cœur de poursuivre les efforts de la manifestation du 10 mars pour obtenir gain de cause et prolonger le mouvement des participants présents.

Olivier Marleix a réagi sur le récent suicide de notre collègue agriculteur qui n’avait pas supporté un dernier contrôle. Le député s’est montré perplexe quant au montant de l’amende qui avait été agité. Il ne peut croire qu’une telle somme ait été avancée.

« Le vrai drame et le vrai scandale, c’est qu’on a tout criminalisé. Le délit environnemental est devenu trop grave, donc c’est directement le procureur de la République qui s’en occupe. Il n’y a plus d’argumentation ou de débat. Le droit à l’erreur n’existe pas dans le délit environnemental. Il n’y a pas de discernement possible, soit on est coupable, soit on ne l’est pas. Le préfet devrait avoir le pouvoir d’emmener en justice ou non car il maitrise ces sujets et peut apporter l’interprétation des faits et comprendre la situation de l’agriculteur. »

Ensuite, le député a confié qu’il comprenait la difficulté des agriculteurs face à des textes et règles qui changent beaucoup trop rapidement et qu’il est difficile de suivre. Aurélie Hallain a fait remarquer qu’aujourd’hui, pour gérer son exploitation, il fallait passer plus de temps derrière un ordinateur que les bottes aux pieds et les mains dans la terre et que l’administration est comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous les agriculteurs. Il arrive d’oublier ou de ne pas se rappeler une nouvelle norme ou d’une nouvelle restriction et pourtant, dans certains cas, les contrôleurs ne sont pas toujours bienveillants. C’est un véritable stress, une véritable angoisse. Les agriculteurs ne sont pas faibles, mais certains subissent plus que d’autres et finissent par commettre l’irréparable.

Philippe Ribault et Aurélie Hallain ont ensuite évoqué le nouveau mode de contrôle par satellite qui va permettre de surveiller tous les trois jours les exploitations et aussi vérifier absolument tous les faits et gestes des agriculteurs. Olivier Marleix n’était pas au courant, il n’arrivait pas à croire qu’en 2023, on puisse utiliser un tel outil pour surveiller ceux qui travaillent et indique que, dans aucun autre corps de métier ou aucun autre environnement on accepterait un tel traitement. La confiance est totalement rompue selon lui.

La Coordination Rurale d’Eure-et-Loir va poursuivre son action comme elle le fait depuis 2009 sur le mal-être agricole et sera présente partout pour donner son avis sur les contrôles !

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