L'éditorial de Bernard Labit dans la lettre d'infos n°844 de Pleinchamp a fait réagir un producteur de lait dans le Morbihan.

« Monsieur Labit, dans votre éditorial du 19 janvier, vous avouez ressentir un sentiment de gâchis. Comme vous, nous partageons ce sentiment amer mais pas pour les mêmes raisons… Contrairement à vous, ce n’est pas la dernière semaine avec l’affaire Lactalis et l’émission Cash Investigation que nous qualifions de gâchis mais les « trente dernières années de développement » que vous évoquez… Trente années florissantes pour l’aval de la filière (industrie et grande distribution) mais malheureusement pas pour nous, producteurs, à qui tout pouvoir de négociation a été confisqué.

Contrairement à vous, le gâchis, pour nous, c’est : ► un revenu inférieur à 350 € mensuels pour 1/3 des agriculteurs en 2015 ; ► un revenu moyen mensuel de 0,6 à 0,7 Smic en 2016 quand la moyenne française est de 1,98 ; ► un nombre de défaillances d’entreprises agricoles qui a encore augmenté de 10 % en 2017, avec un pic de 19 à 38 % pour le secteur de l’élevage ; ► des agriculteurs contraints de multiplier les heures de travail pour pouvoir nourrir leurs enfants tout en ne pouvant profiter d’eux. Et surtout, au-delà de l’aspect économique, des suicides qui s’égrènent inlassablement en toute indifférence, des familles détruites, des enfants qui devront grandir sans leur papa ou leur maman...

Comme vous, nous espérons un salon qui respire la communication authentique. Un salon pendant lequel les industriels, la grande distribution et tous nos fournisseurs acceptent de nous rendre la valeur qu’ils nous confisquent, non pas avec de belles phrases d’empathie et des promesses qu’ils ne tiennent pas, mais en monnaie sonnante et trébuchante dans nos trésoreries. Pour qu’une communication soit authentique, il faut qu’elle soit suivie de véritables actes concrets et équitables… »

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