La Coordination Rurale Bretagne dénonce avec la plus grande fermeté l’annonce de potentielles sanctions visant exclusivement les agriculteurs dans le dossier des algues vertes, telle que rapportée par Ouest-France.
Alors que la profession agricole n’a cessé d’investir, d’innover et de faire des efforts significatifs pour réduire les fuites d’azote et améliorer ses pratiques, voilà que l’État envisage une nouvelle fois de pointer du doigt les producteurs, sans même regarder ce que font – ou ne font pas – les autres acteurs du territoire.
Où sont les contrôles sur les collectivités ? Les stations d’épuration obsolètes, les défauts d’entretien des réseaux d’assainissement, les fuites d’eaux usées non traitées : voilà autant de responsabilités qu’on préfère ignorer. Certaines collectivités locales, malgré des budgets conséquents, traînent les pieds depuis des années. Et pourtant, aucune menace de sanction, aucun plan de contrôle renforcé à leur encontre.
Les exemples récents sont édifiants : - À Saint-Malo, plusieurs plages sont interdites à la baignade à cause de rejets d’eaux usées après les pluies. - À Dinan, plus de 2 000 m³ d’effluents se sont déversés dans la Rance. - À Loudéac, la station d’épuration est carrément sous la menace de poursuites préfectorales. - À Plonéour-Lanvern, un ruisseau a été pollué par un déversement de boues d’épuration. - Dans le Morbihan, l’association Eau & Rivières de Bretagne dénonce des débordements répétés d’eaux usées en parlant d’un littoral qui “croule sous le caca”. - Et toujours dans le Morbihan, à Saint-Philibert, ce sont les ostréiculteurs qui paient le prix fort : un réseau d’assainissement défaillant empoisonne littéralement les huîtres, mettant en péril une filière pourtant exemplaire sur le plan environnemental.
Deux poids, deux mesures : c’est non. Il est inadmissible que les agriculteurs soient à nouveau les seuls à subir la pression, alors qu’ils ne sont pas les seuls contributeurs. Cette politique du « coupable tout désigné » est non seulement injuste, mais contre-productive.
Nos exigences : - Un traitement équitable de tous les acteurs concernés par la problématique des algues vertes ; - Un moratoire immédiat sur tout projet de sanction ciblant exclusivement les agriculteurs ; - Un contrôle rigoureux des collectivités locales, avec obligation de résultats sur leurs installations et réseaux.
Des preuves, pas des boucs émissaires Face à cette injustice flagrante, la Coordination Rurale Bretagne annonce qu’elle mènera, dans les prochaines semaines, des campagnes de prélèvements sur des sites ciblés à travers toute la région. Objectif : documenter les pollutions d’origine non agricole et mettre les élus locaux et gestionnaires publics face à leurs responsabilités.
Nous ne laisserons plus les agriculteurs porter seuls le poids de la pollution quand d’autres acteurs restent intouchables.
