Réunis aujourd’hui à Rennes, les représentants de la Coordination Rurale ont souhaité marquer un soutien clair et symbolique aux éleveurs du sud de la France durement touchés par la crise sanitaire en cours. Cette mobilisation visait également à alerter une nouvelle fois l’État sur les risques majeurs d’une gestion jugée insuffisante et anxiogène par une grande partie des éleveurs.
Une délégation de la Coordination Rurale a été reçue par le directeur de la DRAAF et ses services. Si l’administration a présenté son analyse de la situation et affirmé en maîtriser l’évolution, la Coordination Rurale exprime de sérieux doutes. Sur le terrain, de nombreux éleveurs ne sont pas rassurés et craignent une aggravation de la situation dans les mois à venir.
La Coordination Rurale refuse d’attendre l’apparition de nouveaux cas l’an prochain pour agir.
C’est pourquoi elle a formulé une proposition claire : la mise en place d’une vaccination généralisée sur l’ensemble du territoire français, en distinguant zones dites indemnes et zones de circulation du virus. Une telle stratégie permettrait de sécuriser durablement notre zone du grand ouest, indemne de la DNC, qui ainsi vaccinés, bénéficierait d’une dérogation facilitant les exports.
Aujourd’hui, la stratégie basée principalement sur l’abattage total et les restrictions de mouvements ne répond ni aux attentes ni aux inquiétudes des éleveurs. Pire, elle risque d’entraîner des effets contre-productifs, notamment la dissimulation de certains cas, favorisant ainsi la persistance de réservoirs viraux. Les conditions climatiques actuelles, la résistance du virus dans l’environnement et la capacité de déplacement des vecteurs renforcent ces inquiétudes.
La Coordination Rurale rappelle également que la capacité actuelle de production de vaccins est insuffisante face à l’ampleur du cheptel français. Attendre encore, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir protéger efficacement les élevages avant l’été prochain, comme cela a déjà été observé lors de la crise de la FCO.
Les propositions de la Coordination Rurale seront transmises au ministère de l’Agriculture. Une demande officielle a été formulée pour la tenue rapide d’un CROPSAV dès la mi-janvier, afin d’ouvrir un débat avec l’ensemble des organisations professionnelles agricoles et de construire une réponse collective, pragmatique et apaisée.
La responsabilité est désormais clairement entre les mains de l’État. Les organisations professionnelles ont fait des propositions alternatives pour éviter une crise sanitaire majeure l’an prochain. La Coordination Rurale espère que l’hiver permettra d’endiguer la maladie, mais elle ne peut se satisfaire d’incertitudes et d’inaction.
Ramener de la sérénité dans les campagnes passe par des décisions courageuses, rapides et adaptées à la réalité du terrain. La Coordination Rurale restera mobilisée et déterminée. À défaut d’avancées concrètes, elle se réserve le droit de durcir ses actions.